Examens de fin d’année : survivre au marathon

Suzanne Gervais 24/06/2019

« Rester assis pendant des heures », « angoisser pour ses élèves », « organiser les dernières répétitions », « gérer les imprévus », « passer des journées sans boire et sans manger »… Les cinq semaines d’examens de fin d’année sont dignes d’un marathon. Tout particulièrement en période de canicule. Trois enseignants donnent leurs conseils.

Kévin Manen, professeur de clavecin au CRR de Bordeaux : « Se concentrer sur l’artistique »

« Pendant ces quelques semaines, nous sommes mis à contribution sept jours sur sept, quasiment 24h sur 24 ! C’est une période particulièrement dense, surtout pour les coordinateurs de département... Ce qui aide à tenir, c’est de rester tournés, malgré le poids de la logistique, vers la dimension artistique de ces examens.

Dans le département de musique ancienne du conservatoire de Bordeaux, les examens ont lieu, à partir de la fin de deuxième cycle, sous forme de concerts, ce qui donne un petit festival de trois jours. Les trois semaines qui précèdent sont intenses : nous n’arrêtons pas, mais il y a une émulation assez incroyable. Cette mise en situation quasiment professionnelle de nos élèves créé une magie de l’instant géniale, qui arrive à minimiser l’aspect très stressant de l’évaluation. Un bon travail en équipe est indispensable pendant la période des examens. La convivialité est une bonne échappatoire : à la fin de chaque journée, j’ai toujours des collègues qui proposent d’aller boire une bière.»

Florence Badol-Bertrand, professeure d’histoire de la musique au CNSMD de Paris : « Tenir les horaires ! »

« C’est une période entre parenthèse, où l’on doit jongler entre les examens de nos propres élèves et les jurys, un peu partout en France et à l’étranger. Malgré les longues journées, il faut rester vif et garder toutes ses qualités d’écoute et son attention. Gare à la lassitude de début d’après-midi ou la fatigue de fin de journée ! Lorsque je préside un jury, je mets un point d’honneur à tenir les horaires, malgré l’envie que l’on peut tous avoir de prendre davantage de temps pour tel ou tel candidat, en particulier dans les disciplines d’érudition. Il faut veiller à ne pas trop faire attendre les suivants. Après tout, cette période est plus lourde pour les étudiants que pour nous… »

Frédéric Hechler, professeur de cor au CRR de Villeurbanne : « Anticiper »

« A Villeurbanne, la direction a pas mal allégé les temps d’examens en fin d’année : les évaluations sont davantage réparties sur l’année et ont lieu, pour les grands niveaux, dès le début du printemps. Organiser l’examen de fin de cycle en mars ou en avril plutôt qu’en juin n’a de toute manière pas une grosse incidence sur les acquis des élèves... C’est même bénéfique car ils sont plus disponibles et nous aussi. Cela permet de libérer le mois de juin, qui est souvent chargé pour eux, et de garder les dernières semaines avant les vacances d’été pour organiser des projets collectifs plus festifs !
Lorsque les examens ont forcément tous lieu pendant les dernières semaines de l’année, comme c’est traditionnellement le cas, je recommande alors d’alterner cours individuels et séances de pratique collective, - un ensemble de cors pour ma part. Cela permet de ne pas saturer en répétant sans cesse le programme d’examen et, surtout, de respirer : pour l’élève… et pour son professeur ! »

Suzanne Gervais

 

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