Export de la musique : les chiffres-clés

Antoine Pecqueur 27/06/2019
Le Burex dresse le bilan économique de la filière française à l’international. Si les musiques actuelles sont en plein essor, l’exportation des musiques classique et contemporaine recule.
Pour la première fois, le chiffre d’affaires de la filière musicale française à l’export passe le cap des 300 millions d’euros… Marc Thonon, directeur général du Bureau Export (Burex), se félicite de cette progression de 16% par rapport à 2017, alors que le marché mondial ne croît que de 9,7%. On le voit : le secteur de la musique, après des années de crise, reprend des couleurs, grâce à la vitalité des concerts et à l’essor du streaming. Les musiciens français sont de plus en plus présents à l’international : plus de 4000 concerts exportés par des producteurs français, avec, toutefois, des différences notables selon les esthétiques.
Quels sont les pays porteurs ?
Le premier territoire d’export reste l’Europe (pour 200 millions d’euros), avec, en tête, l’Allemagne, la Belgique, la Suisse ou le Royaume-Uni (le Brexit devrait changer la donne…). L’Amérique du Nord suit, représentant 60 millions d’euros. L’Asie augmente, avec désormais une part de marché de 7,5%, suivie par l’Amérique latine (3% de parts de marché). L’Afrique reste marginale, mais devrait augmenter très rapidement vu l’essor d’équipements culturels sur le continent.
A qui profite l’export ?
Sur les 300 millions d’euros du chiffre d’affaires à l’export, 30% en moyenne proviennent des droits d’auteur et droits voisins et vont donc aux OGC (Sacem, Spedidam, Adami…). 25% vont aux producteurs de spectacle : c’est le coût de cession. Les producteurs phonographiques s’arrogent, eux, 27%, et les éditeurs 18%. On notera que les ventes de musique enregistrée observent une croissance sans précédent : 17% par rapport à 2017. Ce qui s’explique par le boom du numérique (+24%) et la faible baisse du physique (–1,5%).
Quel type de musique ?
Dans son bilan économique, le Burex dresse un palmarès des meilleurs artistes à l’export, tant en enregistrement qu’en live. En tête, on retrouve évidemment les stars des musiques actuelles, de David Guetta à Imany (en album), en passant par Christine and the Queens (en live). Les musiques classique et contemporaine représentent 12,1% du chiffre d’affaires à l’export des producteurs de spectacle. Ce montant est en baisse par rapport à 2017 (où il était de 13,5%). L’ensemble le plus actif à l’étranger sont Les Arts florissants, suivis par Les Siècles.
Pour améliorer l’export des ensembles de musique classique et contemporaine, il est assurément indispensable de revoir les dispositifs d’aide. Aujourd’hui, ce type de formation ne peut ,par exemple, bénéficier du programme Export 2, destiné aux projets artistique à fort potentiel international, mais réservé aux musiques actuelles. En 2019, ce programme dispose d’une enveloppe de 600 000 euros… Le secteur des musiques classique et contemporaine n’est en outre pas représenté au conseil d’administration du Burex (à part un poste d’observateur confié à la Fevis). L’intégration du Bureau Export au sein du futur Centre national de la musique devrait changer la donne. Espérons aussi que les prochains bilans économiques prendront en compte la question environnementale. On ne peut se réjouir de l’export d’une filière sans en calculer l’impact écologique.
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