La création, foisonnante et frondeuse

Antoine Pecqueur 28/08/2019
Avant l’été, le monde de la musique contemporaine s’est mobilisé, comme rarement, pour défendre la programmation d’émissions dédiées à la création sur les ondes de France Musique. La station a finalement décidé de lui consacrer chaque soirée du dimanche, en lieu et place des nocturnes quotidiennes. À travers ces prises de parole, on a vu un engagement fort du secteur, reflet aussi de son incroyable diversité.

Compositeurs, improvisateurs, spécialistes de l’électroacoustique comme du soundpainting… le monde de la création est une famille plus que jamais foisonnante. Les débats stylistiques entre néotonaux et modernistes, même s’ils ne disparaissent pas totalement, ont laissé place à un éclectisme joyeux, pluridisciplinaire, où l’improvisation est musicale comme théâtrale, et où le classique flirte avec le jazz et les musiques traditionnelles. Le festival Musica, dont se tient ce mois-ci la première édition programmée par Stéphane Roth, s’engage fièrement sur ces nouvelles voies de la création.
Moins institutionnelle, plus frondeuse et rebelle…

Le monde de la musique contemporaine se pense de plus en plus au-delà de nos frontières, comme l’a montré la session de formation Voix nouvelles de Royaumont, qui a accueilli des compositeurs et compositrices de tous les pays. Preuve aussi que la création se féminise – l’absence totale de femmes dans la catégorie compositeurs des dernières Victoires de la musique classique était d’ailleurs scandaleusement ridicule.

Même si elle doit toujours se tenir à distance du pouvoir, au risque, sinon, d’être instrumentalisée ou institutionnalisée, la création a néanmoins besoin d’être soutenue par les tutelles – au-delà du rôle incontournable des sociétés de perception de droits, comme la Sacem. C’est une mission de service public. L’enjeu mérite d’autant plus d’être souligné que l’État a décidé de regrouper en une même entité trois structures liées à la création : le Centre de documentation de la musique contemporaine (CDMC), Musique nouvelle en liberté (MNL) et Musique française d’aujourd’hui (MFA). Cette nouvelle entité aura assurément plus de poids, mais devra veiller à ne pas être partisane d’un courant esthétique. À la suite de la mission confiée à Agnès Prétrel par le ministère de la Culture, doit être recruté en cette rentrée le directeur de cette structure. L’heureux ou l’heureuse élu(e) aura notamment pour mission de connecter cette “maison” de la musique contemporaine au futur Centre national de la musique (CNM), qui doit voir le jour en janvier.

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