En France, chant choral rime avec À Cœur joie

Fanny Guyomard 28/08/2019
L’association de chant choral vient de recruter un nouveau directeur, Côme Ferrand Cooper. Parmi ses priorités, le rajeunissement des adhérents.
Les 10 000 choristes et 500 chœurs français d’À Cœur joie accueillent leur nouveau patron. À la rentrée, Côme Ferrand Cooper dirigera en France cette association de chant choral qui s’étend dans les pays francophones d’Europe, d’Amérique et d’Afrique. Il prend la suite de Jean-Claude Wilkens, qui part à la retraite après dix ans de politique axée sur « la modernisation et l’ouverture » de l’association.
« On a ouvert sur tous les styles, car auparavant À Cœur joie restait centré sur la chanson », se remémore Jean-Claude Wilkens. L’ouverture a également été géographique, en construisant des partenariats avec d’autres chœurs et acteurs politiques européens. Le dernier en date : Sing Me In, un ­projet avec l’association euro­péenne des chorales Europa Cantat et l’Union européenne pour intégrer de jeunes migrants à travers le chant en chorale. Jean-Claude Wilkens est d’ailleurs vice-président d’Europa Cantat et le reste encore deux ans. Et c’est dans la même association qu’il a trouvé son successeur : Côme Ferrand Cooper, qui a coordonné le projet Sing Me In.

Échelle régionale

C’est donc un bon connaisseur des partenariats européens qui prend la direction de la section française. Mais le prochain défi se joue sur le terrain de la proximité : recruter des jeunes dans chaque antenne régionale. « Comme dans toutes les associations culturelles, il y a de moins en moins d’a­dhé­rents, regrette Côme Ferrand Cooper. Mais en même temps, beaucoup de personnes participent à nos événements, sans être membres d’À Cœur joie. »
Tous les trois ans, À Cœur joie organise à Vaison-la-Romaine (Vaucluse) les Choralies, où des chanteurs du monde entier se rencontrent et se retrouvent dans une ambiance festive*. Ateliers pour enfants, tarif réduit pour les moins de 25 ans s’ils restent une semaine, répertoire pop ou application mobile ont été autant de techniques pour rajeunir les troupes. Sur les quelque 4 000 festivaliers inscrits, les organisateurs ont ainsi compté près de 1 500 jeunes. « Et cela va crescendo », se félicite Jean-Claude Wilkens. Même succès à l’autre rendez-vous national : le congrès des chefs de chœur, qui rassemblent majoritairement des non adhérents.
Mais désormais, il faut fidéliser la jeunesse à l’échelle de chaque antenne régionale. Avec les autres membres, Côme Ferrand Cooper réfléchit par exemple à des chorales plus flexibles, adaptées à la nouvelle génération qui vit sur le court terme : « Plutôt que des cours chaque semaine pendant un an, pourquoi ne pas développer des projets sur six mois ? » Il faudra aussi les convaincre de prendre des postes de direction, pour assurer le renouvellement, donc la longévité de l’association qui a fêté ses 70 ans l’année dernière. Et l’année prochaine, elle devra se doter d’un nouveau président…
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