« Je suis soucieux de passer du temps avec ma fille »

Le baryton-basse Guilhem Worms, qui a un enfant de 2 ans, nous explique comment il allie son rôle de père et sa carrière de chanteur.
On parle beaucoup aujourd’hui des “nouveaux pères”. Avez-vous l’impression d’en faire partie ?
En devenant papa, je n’ai pas consulté d’ouvrages pour savoir comment m’y prendre. Mais, je suis soucieux d’être proche de ma fille, de passer du temps avec elle, même si les “nouveaux pères” n’évoquent pas grand-chose pour moi. Peut-être parce que j’avais la même proximité avec mon père et mon grand-père. Je n’ai pas vécu une éducation où les hommes étaient distants de leurs enfants. Cependant, quand j’ai la chance de m’occuper de ma fille 24 heures sur 24, je me rends compte qu’il n’y a pas beaucoup de pères dans les parcs !
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Comment les chanteurs concilient-ils paternité et opéra ?
Une carrière avec autant de déplacements demande forcément une énorme organisation, qui dépend aussi de la situation professionnelle du conjoint. En ce qui me concerne, je suis aidé par mon entourage familial. Ma femme étant aussi musicienne, notre enfant nous suit dans toutes nos productions, et nous avons de temps en temps la chance de pouvoir nous suivre l’un l’autre.
Pensez-vous que les contraintes de parentalité sont bien réparties entre vous ?
Je pense qu’on ne s’en sort pas trop mal ! Pour vous donner un exemple, je suis un mois en production à l’Opéra de Marseille et ensuite un mois à Saint-Étienne. Dans le même temps, ma femme sera également occupée professionnellement. Notre fille passera donc un mois avec son père et un avec sa mère, et il n’est venu à l’idée de personne de faire autrement. Ce n’est pas facile, mais c’est à ce jour notre meilleure solution.
Quel est le plus difficile dans le fait d’être père et chanteur ?
Le moment où l’on n’arrive pas à s’organiser pour se voir suffisamment en famille : cela se produit parfois, même avec la meilleure volonté. Ce qui est dur, c’est la sensation de louper des moments familiaux. Tout l’art est alors de rester proche en étant loin.
Et ce que vous préférez ?
Pouvoir faire découvrir à ma fille des choses grâce au métier : des villes, de la musique, des collègues de tous horizons, des situations qui changent au gré des contrats. Lorsqu’on est libre, on dispose de son temps pour s’organiser et ça, c’est un luxe !
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