CNSMD de Paris : une direction par interim

Antoine Pecqueur 08/10/2019

Anne-Marie Le Guével a pris ses fonctions dans l’attente de la désignation du successeur de Bruno Mantovani.

C’est un aveu d’échec...
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L’Etat n’aura pas réussi à nommer le nouveau directeur du CNSMD de Paris dans les délais impartis. C’est donc Anne-Marie Le Guével, inspectrice générale du ministère de la Culture, qui prend les fonctions de directrice par intérim. On assiste à une sorte de bis repetita du CNSMD de Lyon, où l’Etat avait dû, il y a un an, s’y reprendre à deux fois pour nommer le directeur de l’établissement.

Mais comment expliquer un processus aussi chaotique ? Le problème majeur vient de la prise même de décision, avec d’un côté l’Etat et de l’autre le conseil d’administration du CNSMD de Paris. Chacun défend ses propres candidats. A cela s’ajoute les personnalités influentes du secteur, les “conseillers du soir”, qui viennent apporter leur avis sur un recrutement très attendu. Une fois de plus, le manque de transparence est criant.

Une nomination féminine ?

En mars dernier, comme nous vous l’avions annoncé, le ministère avait déjà dû relancer l’appel à candidatures. La liste était alors relativement maigre, hormis la candidature remarquée de Xavier Delette, actuel directeur du CRR de Paris. Mais surtout, la shortlist très masculine ne manque pas d’interpeller : après l’Opéra de Paris, l’Etat peut-il encore continuer à nommer uniquement des hommes à la tête des grandes institutions culturelles ? D’autant plus qu’au même moment, Agnès Saal, haute fonctionnaire à l’égalité et la diversité, est à la manœuvre au ministère pour rééquilibrer la situation. L’Etat a dès lors joué les chasseurs de tête pour tenter de dénicher la perle rare.

La liste des candidats et surtout des candidates s’est étoffée. Différents noms ont circulé : Sylvie Pébrier, inspectrice  de la musique au ministère de la Culture, la musicologue Corinne Schneider, ou, plus récemment, la pianiste Marie-Josèphe Jude. Des candidatures toutes très sérieuses. Mais pour l’instant, l’Etat et le conseil d’administration n’arrivent pas à se mettre d’accord.

Espérons  que cette affaire romanesque, au mauvais sens du terme, fera jurisprudence : ces nominations ne doivent plus se faire dans l’opacité, typique de cet « ancien monde » que fustige tant Emmanuel Macron.

Antoine Pecqueur

 

 

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