Les 10 ans de l’Orchestre romantique européen

Philippe Thanh 15/05/2008
Entretien avec le chef d’orchestre, Lionel Stoléru, fondateur de cet orchestre entièrement privé.

Vous êtes plus connu pour votre carrière politique que pour celle de chef d’orchestre. Comment êtes-vous venu à la musique?
J’ai mené en parallèle des études économiques et musicales, suivant des cours de piano, puis de direction d’orchestre, notamment en faisant mon doctorat d’économie à Stanford, aux Etats-Unis. Puis la vie politique m’a absorbé. Quand j’ai quitté le gouvernement Rocard, en 1991, j’y ai vu l’occasion de revenir à la direction d’orchestre. J’ai suivi à nouveau le cursus du Conservatoire de Rueil, à l’invitation de Francine Aubin, ainsi que des stages, notamment avec Jean-Sébastien Béreau, puis j’ai été invité à diriger en France et à l’étranger.

Chef invité, vous décidez un jour de créer votre orchestre...
Pierre Boulez m’avait dit : « Vous n’y arriverez jamais si vous attendez d’être invité. Montez votre orchestre et faites votre programmation. » J’ai suivi son conseil à la lettre, constituant un orchestre pour interpréter le répertoire romantique que j’aime particulièrement. C’est ainsi qu’est né l’Orchestre romantique européen qui tire son nom du fait que le siècle romantique est aussi le siècle européen par excellence. Nous donnons six concerts par saison, salle Gaveau, sans compter notre participation à la fête de la Musique ou à d’autres événements auxquels nous sommes invités. Les musiciens, tous professionnels et souvent professeurs dans les Conservatoires, restent fidèles à l’Orchestre : 90 % sont là depuis les débuts. Ils sont rémunérés correctement, je crois, et le jour même du concert, ce qui n’est possible que parce que les frais généraux de l’Orchestre sont inexistants, qu’il n’est administré que par des bénévoles et que nous bénéficions du partenariat d’entreprises. Quant à l’Etat, il nous ignore.

Dans vos concerts, vous mêlez volontiers littérature et musique...
J’ai toujours trouvé indigestes les concerts qui enchaînent une ouverture, un concerto et une symphonie qui n’ont rien à voir entre eux ! Aussi ai-je voulu faire des soirées "homogènes", sur un thème précis, rassemblant des œuvres centrées sur ce thème. Ainsi commençons-nous par un poème sur le thème de la soirée, suivi d’une œuvre courte en rapport avec ce poème. Par exemple, notre prochain concert, le 27 mai, qui s’intitule "Au cœur du romantisme", commence par La Jeune Tarentine de Chénier, suivi de l’Ouverture des Vêpres siciliennes de Verdi. Nous enchaînons ensuite avec le Concerto pour violon de Tchaïkovski (soliste : Liza Kerob) et la 7e Symphonie de Beethoven.

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