Ingrid Roose : «Il y a malheureusement trop peu de concours pour les chefs de chœur»

Suzanne Gervais 22/10/2019

La cheffe estonienne de 29 ans a remporté dimanche 20 octobre le 9e concours international des jeunes chefs de chœur organisé par l’Institut français d’art choral.

Pourquoi les prix sont-ils importants quand on est jeune chef de chœur ?

Quand on commence sa carrière, on a besoin de savoir que notre travail est bon, qu’on avance sur la bonne voie. Les prix sont des étapes qui permettent de faire le point, de continuer confiant. Il y a malheureusement trop peu de concours pour les chefs de chœur. Bien moins que pour la direction d’orchestre !

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Les chefs de chœur sont plus discrets, moins connus du grand public que les chefs d’orchestre. Je me demande souvent pourquoi... Quand un concours existe, on est donc tout de suite très nombreux à se présenter. 


La tradition chorale est très importante en Estonie. Que pensez-vous de la scène chorale en France ?

Ce sont deux pays très différents d’un point de vue du chant choral. En Estonie, il y a beaucoup de grands chœurs de très bon niveau, des festivals entiers consacrés à la musique chorale… [Voir le reportage que nous avons consacré au Laulupidu NDLR]. C’est un petit peu comme en Allemagne ou en Grande-Bretagne : le chant choral est bien enraciné. En France, moins, mais il se développe considérablement, du côté des amateurs, bien sûr, mais pas seulement. Il y a aujourd’hui un grand nombre de chœurs de chambre professionnels avec un son de très grande qualité. Sans compter que la pratique de la musique ancienne est particulièrement avancée chez vous et les compositeurs d’aujourd’hui s’intéressent beaucoup au chœur. Encore trop au chœur mixte et pas assez aux chœurs d’hommes ou de femmes à mon goût… Je les encourage à le faire !

Quelles sont les difficultés du métier de chef de chœur ?

C’est un métier qui n’est pas évident. Je discutais encore avec les autres candidats, pendant les épreuves du concours de l’Ifac, de la difficulté de trouver du travail. Même en Allemagne ou en Grande-Bretagne, les postes sont rares. Beaucoup de chefs de chœur sont également diplômés de direction d’orchestre. C’est mon cas, mais ce sont deux métiers qui restent très différents. En direction de chœur, on travaille directement avec le corps humain. On dépend aussi énormément des chanteurs. Un bon chef de chœur pourra emmener ses musiciens très, très haut.

Propos recueillis par Suzanne Gervais

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