Lars Vogt : « Si un orchestre ne s’engage pas, il est mort »

Suzanne Gervais 24/10/2019

Le chef et pianiste allemand de 49 ans vient d’être nommé directeur musical de l’Orchestre de chambre de Paris. Il prendra ses fonctions en juillet.

Quels sont les défis quand on arrive à la tête d’un orchestre ?

Il faut très vite apprendre à connaître les musiciens. Les connaître en tant qu’artistes, mais aussi cerner leurs attentes et leurs possibilités, et bien analyser le fonctionnement de la structure toute entière.

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Il faut aussi savoir comment on va former, tous ensemble, une vraie équipe et savoir comment la motiver. Les orchestres français ont tous leur personnalité, mais on retrouve tout de même, souvent, une très belle attention portée au son, aux couleurs. Un chef peut aller très loin avec cela !

Quelles sont les atouts d’un orchestre de chambre ?

L’avantage immense est, pour moi, que les musiciens ont un état d’esprit chambriste. La qualité de l’écoute et la solidarité musicale y est souvent incomparable. C’est une forme d’intégrité très précieuse. Les musiciens d’orchestre de chambre savent très bien quel est leur rôle dans le groupe, ils ont une position vraiment active au sein de l’orchestre. Et il n’y a pas de limites dans le répertoire : le public ne s’en doute pas toujours, mais un orchestre de chambre peut jouer la plupart des pièces romantiques : pas Mahler ou Bruckner, bien sûr, mais Brahms, Tchaïkovski, Sibelius… La force de frappe d’un orchestre ne vient pas du nombre de musiciens, j’en suis persuadé.

Quel rôle doivent jouer les orchestres, de chambre ou symphoniques, dans la société en 2019 ?

Un orchestre, aujourd’hui, doit s’adresser aux enfants, aux personnes désavantagées et à tous les types de minorités. C’est impératif et c’est un travail énorme qui doit être soutenu par les pouvoirs publics. Nous devons être en vie ! Par vivants, j’entends ouverts à différents types de musique et d’influences. Si nous restons en marge de la société et de ses problèmes, si nous ne sommes qu’un pur divertissement qui ne concerne que quelques personnes, nous ne servons pas à grand chose. Si un orchestre ne s’engage pas, il est mort. Je crois que l’Orchestre de chambre de Paris joue déjà ce rôle. Comptez sur moi pour continuer sur cette voie.

Propos recueillis par Suzanne Gervais

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