Symposium en Autriche : une valse d’idées pédagogiques

André Peyrègne 31/10/2019
L’Université de musique et des arts vivants de Vienne a ­accueilli­ des pédagogues de toute l’Europe pour débattre des liens entre conservatoires et établissements d’enseignement général.
Les 10 et 11 octobre, plus d’une centaine de pédagogues et chercheurs européens se sont réunis lors d’un symposium organisé en partenariat avec l’European Music School Union (EMU), l’Association des écoles de musique d’Autriche et avec la participation de la Fédération française de l’enseignement artistique.
L’essentiel des débats a porté sur la collaboration entre les conservatoires et les établissements d’enseignement général. “Collaboration” était le titre du symposium – terme à connotation historique nauséeuse pour les Français, mais en anglais no problem !
Afin que la musique en milieu scolaire soit de qualité, elle doit être confiée à des enseignants provenant des conservatoires : tel est le souhait de l’Autrichienne Isolde Malmberg, vice-présidente de l’Association européenne pour la musique à l’école. Témoignage enthousiaste, en ce domaine, de deux Français : Gabrielle Rachel Barbier-Hayward, du conservatoire de Taverny, et Martin Galmiche, du centre d’apprentissage instrumental et d’invention collective du CRR de Lyon.
Clara James, professeur à l’université de Genève, a confirmé que la pratique orchestrale à l’école est bénéfique à la réussite scolaire en général, se réfé­rant à une étude scientifique menée pendant deux ans : les élèves gagnent en attention, raisonnement, sociabilité.

Europe de l’Est contre Europe du Nord

La pratique orchestrale est liée, bien sûr, à la pédagogie de groupe, autre grand sujet du symposium. Pour schématiser, l’Europe de l’Est demeure très attachée à l’enseignement individuel, tandis que l’Europe du Nord est à fond pour l’enseignement collectif. Et la France, dans tout ça ? Elle a une position médiane : attachée à l’individuel, mais évoluant vers le collectif.
Comme le souligne Philippe Dalarun, président de l’EMU : « On ne peut imposer le même modèle à tous les pays, chacun ayant son histoire, ses traditions, ses manières de penser et son économie propres. » Avis repris par Dorothy Conaghan, professeur à l’université de Dublin : « Tandis que certains pays ont un long passé d’ensei­gne­ment musical public, l’enseignement musical en Irlande, jusque dans les années 1950, était assuré par les religieux. Et il n’y a actuellement que six écoles musicales publiques pour 4,8 millions d’habitants. »
Il faut replacer l’enseignement musical dans un contexte social global. L’Association européenne des conservatoires d’enseignement supérieur, dirigée par l’Allemand Stefan Gies, appelle cela le SMS : Strengthening Music in Society (renforcer la musique dans la société).
Et c’est ainsi que le symposium de Vienne s’est achevé sur un éloge du SMS !
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