Facture instrumentale : exclue du CNM ?

Antoine Pecqueur 27/11/2019
Dans un courrier adressé au Premier ministre, la Chambre syndicale de la facture instrumentale s’inquiète de la place réservée à ce secteur au sein du futur Centre national de la musique
Les nuages s’amoncellent sur le futur Centre national de la musique (CNM), qui doit être lancé le 1er janvier.
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Alors que Jean-Philippe Thiellay vient d’être nommé à la tête de cet établissement, le secteur de la facture instrumentale monte au créneau. Dans un courrier adressé à Edouard Philippe, auquel nous avons eu accès, la Chambre syndicale de la facture instrumentale (CSFI) exprime sa crainte que le « CNM ne se construise en nous [la facture instrumentale,NDLR] excluant ». Le signataire de la lettre, Jérôme Perrod, président de la CSFI et président du groupe Buffet Crampon, poursuit : « Le CNM a pour ambition de regrouper la filière musique en France. Et avant même sa finalisation, on nous laisse entendre qu’il est trop tard pour nous y intégrer. »

Poids économique

Ce courrier revient sur le poids historique et économique de la facture instrumentale dans le paysage musical français. Preuve de son importance ? Lors de la dernière conférence de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), en août dernier à Genève, le secteur a obtenu l’amendement de la réglementation internationale sur les bois de palissandre, permettant la circulation des instruments de musique. Une vraie bataille politique.

Mais désormais, la nouvelle bataille, c’est la place de la filière au sein du CNM. « Nous laisser en dehors du futur Centre national de la musique serait passer à côté de l’ambition de ce projet : nous ne pourrions alors apporter ni nos idées, ni nos expériences, ni notre vision aux multiples débats qui verront le jour au CNM et que nous ne pourrions donc enrichir. Notre activité ne serait pas étudiée par l’observatoire ; les questions de formation, de transmission des savoirs ne seraient pas traitées », écrit Jérôme Perrod, au nom de la CSFI.

La balle est maintenant dans le camp de la nouvelle équipe du CNM, avec, outre la nomination de Jean-Philippe Thiellay, celle de Romain Laleix comme numéro 2. Si le CNM n’intègre pas ce pan du secteur, il y a fort à craindre que la facture instrumentale ne soit encore plus délocalisée dans les pays émergents. Le “made in France” concerne aussi la musique.

Antoine Pecqueur

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