Trésors français à (re)découvrir

Alain Pâris 27/11/2019
De Gossec à Saint-Saëns, tour d’horizon des nouvelles éditions.
La Symphonie à dix-sept parties de Gossec est considérée comme la première grande symphonie française, trait d’union entre le classicisme et le romantisme. Mais il était très difficile d’en trouver un matériel correct, ce qui a découragé les bonnes volontés. Gossec a eu son heure de gloire dans les salons parisiens à la fin du 18e.
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Il est ensuite devenu l’un des musiciens officiels de la Révolution, puis a pratiquement cessé d’écrire, une fois tournée la page du siècle. La Symphonie à dix-sept parties fait exception à ce silence : son manuscrit est daté 1809, mais elle aurait été composée deux ans plus tôt. Les dix-sept parties se réfèrent au nombre de portées, l’orchestre Mozart tout simplement (bois, cors et trompettes par deux, timbales, quatre parties de cordes). Cette mention se justifiait dans le contexte de l’époque, car les précédentes symphonies de Gossec faisaient appel à des effectifs beaucoup plus réduits. Ce qui frappe ici, c’est l’originalité : les bois y ont la part belle. On va de surprise en surprise, ne serait-ce que dans l’enchaînement des tonalités. Le menuet est un étonnant mélange de danse et de fugue. Grâce au Centre de musique baroque de Versailles à qui l’on doit le premier Urtext de cette œuvre, il n’y a plus aucune excuse à en ignorer l’existence.
Autre symphonie à découvrir, la Symphonie “italienne” de Vincent d’Indy, sa première symphonie, une œuvre de jeunesse jusqu’alors inédite, car le compositeur s’en était désintéressée. Le voyage en Italie a inspiré de nombreux musiciens français. Celui de d’Indy respecte les étapes usuelles : Rome, Florence, Venise et Naples. La légèreté aérienne de son orchestration “florentine” contraste avec la majesté romaine, l’ondulation des eaux vénitiennes et un saltarello napolitain digne de Mendelssohn. La palette orchestrale est déjà parfaitement maîtrisée. (Symétrie)
De la lumière, la musique de Fauré n’en manque pas, mais toujours sous un éclairage transparent. Dernier-né de l’édition intégrale entreprise par Bärenreiter, le premier volume des compositions chorales profanes réunit Les Djinns, La Naissance de Vénus, Madrigal et la version chantée de la Pavane. L’œuvre majeure est La Naissance de Vénus, une scène lyrique avec soli et chœur aux vastes dimensions, dans la tradition berliozienne. Mais rares en ont été les exécutions avec orchestre, car seule la version chant-piano avait été publiée. Les trois autres œuvres sont des pièces plus brèves, avec une orchestration réduite pour le Madrigal et la Pavane, le premier étant un cadeau de mariage à André Messager sur un joli texte d’Armand Sylvestre, la seconde une version chargée d’un texte un peu démodé de Robert de Montesquiou.
À l’approche du centenaire de la mort de Saint-Saëns, parmi les Urtext qui fleurissent avec bonheur, voici l’Introduction et Rondo capriccioso, éditée par Peter Jost chez Breitkopf : enfin un conducteur grand format débarrassé de la notation abrégée qui en rendait la lecture difficile.
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