Carlos Ghosn : une évasion en flightcase

Mathilde Blayo 06/01/2020

Carlos Ghosn, l’ancien PDG de Renault et Nissan, jusqu’ici assigné à résidence au Japon, s’est enfuit au Liban dimanche 29 décembre. Une évasion réussie en quittant son domicile à bord d’un flightcase, une malle destinée à transporter du matériel de musique. Claude Walter, fondateur de l’entreprise Rythmes et Sons, qui construit des flightcases, et Jean-Claude Fritsch, régisseur de l’Orchestre de Paris, donnent des informations techniques sur ces malles de voyage.

Un homme peut-il se cacher dans un flightcase destiné à un instrument comme une contrebasse ?

Claude Walter : En matière de charge utile c’est tout à fait envisageable. Une caisse de contrebasse fait environ 90 centimères de largeur, 70  de hauteur et 2 mètres de long.

Ce type de caisse supporte facilement jusqu’à 200 kg de matériel. Faites en contreplaqué et en aluminium elles sont très résistantes. Le problème serait plutôt la ventilation. Ces caisses ne sont pas ventilées, il est impossible d’y respirer ! Celle qu’il aurait utilisée a été trouée exprès.
Il a pu être déplacé dans cette malle, mais n’y a certainement pas fait le trajet en soute, ce n’est pas possible d’y rester.  

Ce type de malle est-il systématiquement contrôlé dans les aéroports ?

Jean-Claude Fritsch : Le contenu de chaque flightcase doit être déclaré à la douane. Un carnet pour chaque malle donne la valeur, le poids et la dénomination de l’objet contenu. Ce carnet fait foi de ce qu’on déclare et nous donnons les clés avec ce carnet pour que la douane puisse ouvrir la malle en cas de doute.
La douane passe ensuite les malles aux rayons X, à différents capteurs et avec de gros volumes il n’y a pas d’échappatoire, du moins pas pour les grandes compagnies aériennes. Ce contrôle dépend de la bonne organisation de la douane et de la compagnie qui affrète.
Le Japon est un pays très rigoureux sur ces vérifications, même pour un orchestre comme le notre pour lequel il y a une certaine confiance de base. Par contre, après le passage des douanes, une fois que les malles arrivent sur le tarmac, on ne sait absolument pas ce qu’il se passe.
Mais Carlos Ghosn se serait enfuit à bord d’un jet privé et le contrôle pourrait être différent dans ces conditions.

(Le quotidien japonais Mainichi indique que les passagers de jets privés qui quittent le Japon ne sont pas forcés de soumettre leurs bagages à vérification. NDLR)

 

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