« La formation de musicien intervenant a rarement été aussi attractive »

Mathilde Blayo 20/01/2020
A la tête du Centre de formation de musiciens intervenants (CFMI) d’Ile-de-France, Cédric Segond-Genovesi fait le point sur l’attractivité du diplôme de musicien intervenant et les projets de son centre.
Quel bilan tirez-vous du Journées de l’enseignement artistique de ce week-end ?
La Fédération des usagers du spectacle enseigné (Fuse) a organisé, samedi 18  janvier, une journée de l’enseignement artistique, orientée sur la question de l’insertion professionnelle et des métiers de la musique. De nombreuses structures étaient représentées pour répondre aux attentes des futurs étudiants ou parents d’élèves.
Beaucoup d’entre eux s’interrogent sur les débouchés professionnels dans l’enseignement musical, dans un paysage mouvant. On a eu beaucoup de demandes de recommandation pour les options à choisir au baccalauréat, les vœux à faire pour Parcoursup, les métiers existants, la préparation des concours d’entrée…
Il était très important d’avoir un salon consacré au métier de l’enseignement. Le métier de musicien intervenant, (ou “dumiste”, titulaire du diplôme universitaire de musicien intervenant) reste trop souvent méconnu. Le salon est donc essentiel pour faire connaître ce diplôme, qui n’est pas très difficile à valoriser puisqu’il débouche sur un métier essentiel, passionnant, avec une très bonne insertion professionnelle.
La place des CFMI et du métier de dumiste a-t-elle évolué ces dernières années ?
Le CFMI est de plus en plus sollicité comme référent et partenaire pour la mise en œuvre de dispositifs de formation professionnelle sur le terrain. Nous sommes en discussion avec le Centre national de la fonction publique territoriale pour des offres de formations. Nous commençons à être identifiés comme une ressource connue avec une expérience et une expertise.
Par ailleurs, la formation a rarement été aussi attractive. Il y a trois-quatre ans, nous avions 70 candidatures. L’an dernier nous en avons reçu 121 pour 32 places. Dans une période marquée par des initiatives comme le plan chorale, les orchestres à l’école, le développement des missions d’éducation artistique et culturelle, il y a de l’emploi pour les musiciens intervenants. Au CFMI d’Ile-de-France, nous avons un taux d’insertion professionnelle de 100 %. Évidemment, les diplômés ne deviennent pas tous titulaires à plein temps, beaucoup prennent des heures un peu partout, sur des missions différentes. Ce morcellement de l’activité est très bien vécu par certains musiciens qui aiment la diversité des missions, des employeurs. D’autres la subissent, mais chaque musicien intervenant se construit son métier sur le terrain.
Quels sont vos projets à la tête du CFMI d’Ile-de-France ?
Premièrement, les CFMI, à la différence des pôles supérieurs ou des Cefedem, ont l’obligation de recruter deux années après le bac, ce qui ne joue pas en notre faveur pour le recrutement. Avec plusieurs universités franciliennes, nous réfléchissons à la création de parcours, comme une licence, préparant à nos concours d’entrée. Le CFMI de Lille a déjà mis cela en place et ça fonctionne très bien. Idem avec les conservatoires, par la mise en place des cycles préparatoires à l’enseignement supérieur. Envisager une entrée en CFMI dès l’obtention du bac serait compliqué, car pendant toute la formation, les étudiants sont en stage de terrain au moins un jour par semaine, en école maternelle puis élémentaire : la question de l’âge et de la maturité entre donc en compte.
Un autre de nos gros dossiers est le développement de missions de formation professionnelle continue, notamment pour du personnel déjà qualifié, en perfectionnement, pour les accompagner dans la consolidation de leurs compétences. Pour cela nous avons mis en place un dispositif “chœur ressource interprofessionnel” (CRI), pour former conjointement du personnel “culture” (musiciens intervenant, chef de chœur…) et du personnel “Éducation nationale”. L’idée est de les faire travailler ensemble pour une meilleure mise en œuvre de l’éducation artistique sur le terrain. Ces professionnels ne se connaissent pas bien, ne connaissent pas assez les cultures professionnelles de chacun. Chacun doit se nourrir de l’expérience de l’autre car l’enseignement artistique et culturel ce n’est pas seulement faire chanter les enfants, c’est écouter la musique, aller à la rencontre des œuvres, inventer de la musique. Le CRI lancé l’an dernier, qui a bénéficié à une quarantaine de personnes a très bien fonctionné et nous en lançons un deuxième cette année, avec une vingtaine de stagiaires, consacré à l’invention et à la création vocale.
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