Les Musiciens du Louvre, première victime de la politique écologiste

Dès son arrivée à la mairie de Grenoble, Éric Piolle a supprimé la subvention allouée à la formation de Marc Minkowski. Cinq ans plus tard, l’orchestre poursuit toujours son activité.

Ce fut la mesure culturelle symbolique et controversée du début de mandat d’Éric Piolle : l’annonce, en décembre 2014, juste avant le premier Chantier des cultures, de la suppression de la subvention de 438 000 euros allouée aux Musiciens du Louvre-Grenoble de Marc Minkowski. Pour Éric Piolle, « il y avait une absence de lisibilité sur le budget et l’utilisation de la subvention. 

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C’était pour nous une exigence de transparence. On a donc pris la décision qui s’imposait. On peut constater a posteriori que Les Musiciens du Louvre sont toujours là, toujours actifs. »

Du côté des Musiciens du Louvre(qui ont depuis retiré le mot Grenoble accolé à leur nom, même s’ils y sont toujours basés), Sabine Perret, directrice générale, nous répond : « Avant toute chose, il faut préciser que nous avons toujours respecté cette décision. Une municipalité, des élus sont souverains, et c’était leur droit de supprimer cette subvention. Cependant, cela a été brutal, et très déstabilisant pour les musiciens et l’équipe. »

« Prolonger l’aventure »

Regrettant de n’avoir « sans doute pas su faire valoir l’importance de notre travail sur le terrain, auprès des enfants, des publics empêchés, dans les quartiers », elle constate que cette décision a eu des répercussions sur l’activité de la formation. « Un orchestre non permanent est une construction fragile, dans laquelle le soutien des financeurs publics est fondamental. C’est ce qui permet d’insuffler l’activité. Lorsque ces aides sont supprimées ou diminuées, le nombre de concerts et d’actions est automatiquement réduit. Les musiciens ont perdu 30 % de leur revenu ; ce n’est pas facile pour eux de retrouver des contrats auprès d’autres ensembles. D’autres ont réduit leur temps de travail et donc leur revenu. Cependant, l’activité des Musiciens du Louvre s’est enrichie grâce aux programmes dirigés par Francesco Corti et Thibault Noally. Il faut souligner aussi que les musiciens permanents de l’ancienne structure sont toujours salariés. » En effet, Les Musiciens du Louvre ont pour particularité de compter en leur sein trois musiciens permanents, héritage de l’Orchestre de chambre de Grenoble, dissous au sein des Musiciens du Louvre.

Malgré cette coupe brutale, suivi du retrait du département, l’orchestre ne voit pas forcément l’avenir de manière sombre : « Nous sommes convaincus de la pertinence du modèle des Musiciens du Louvre et nous nous honorons à ce titre du soutien continu de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du ministère de la Culture via la Drac, nous explique Sabine Perret. Demain, le département de l’Isère et la ville de Grenoble peuvent très bien nous soutenir à nouveau. Nous voulons prolonger l’aventure des Musiciens du Louvre ici, retrouver plus souvent notre public grenoblois et offrir une meilleure visibilité à nos musiciens, intermittents comme permanents, quant à leur avenir. L’ensemble occupe toujours les locaux appartenant à la ville. Notre partenariat n’est pas totalement rompu… Il peut retrouver davantage de vigueur ! ».

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