En Suisse, élections municipales à Genève

Après la vague verte et féministe enregistrée au niveau fédéral à l’automne dernier, Genève renouvellera son conseil municipal les 15 mars et 5 avril prochain. Tour d’horizon des grandes propositions de politiques culturelles dans la cité de Calvin.

En mai 2019, l’initiative pour la culture, plébiscitée à 83,18 %, visait à inscrire dans la Constitution genevoise les conditions d’une nouvelle gouvernance pour la culture. Ce dispositif doit permettre de soutenir les projets artistiques et les institutions, par une action conjointe des communes, des villes et du canton.

Pour ces élections, le Parti socialiste s’inscrit dans la mise en place de cette initiative : 

« Il faut une implication financière réelle du canton pour le financement des grandes institutions, la ville ne peut pas tout assumer », précise Félicien Mazzola collaborateur du conseiller administratif Sami Kanaan chargé du département de la culture et du sport.

Maire de Genève en 2014 et en 2018, Sami Kanaan brigue un troisième mandat. Sa proposition de budget 2020 pour la culture, d’une enveloppe totale de 300 millions de francs suisses (environ 280 millions d’euros), se déploie en direction de la nouvelle Comédie de Genève, du musée d’Art et d’Histoire et de la future Cité de la musique.

Le Mouvement citoyens genevois (MCG, droite radicale), affirme de son côté « ne s’être jamais opposé à la ligne culturelle du conseil municipal ». Il dénonce toutefois « un système de copinage du Parti socialiste dans l’attribution de sommes importantes, notamment pour le festival Les Créatives ». Ce festival féministe, à la programmation artistique engagée, a reçu une subvention de 200 000 CHF pour son édition 2019. Loin de saluer cette initiative, le MCG parle « d’un financement de l’androphobie et de conflits d’intérêts avec des membres du comité copinant avec le PS. »

Cité de la musique

Érigée sur les terrains des Nations unies et du canton, la future Cité de la musique – estimée à 300 millions de CHF – sera conçue par les architectes Pierre-Alain Dupraz et Gonçalo Byrne. Très largement financé par des fonds privés, il faudra tout de même que le projet soit approuvé par les Genevois pour être validé. Démocratie helvétique oblige… La future cité, qui prévoit une nouvelle salle de concert de 1 750 places, devrait accueillir en 2024 la Haute École de musique (HEM) et l’Orchestre de Suisse romande. Très attendue par le directeur de la HEM, Philippe Dinkel, et par tous les professeurs et les étudiants, cette Cité de la musique devrait résorber les problèmes de locaux de la HEM. « L’école vit dans un décalage entre sa réalité et ses ambitions », estime Philippe Dinkel, qui considère la future cité comme « un cadeau inespéré ».

Talibans à l’opéra

Pour sa première saison à la tête du Grand-Théâtre de Genève, Aviel Cahn a l’ambition de montrer « qu’avec la modernité on peut remplir les salles ». Au soir d’une première mouvementée avec un Enlèvement au Sérail “remanié”, il a tenu un discours en faveur d’un changement dans la façon de percevoir l’art lyrique. Le directeur, qui reconnaît « la générosité de la politique culturelle de Genève par rapport à la taille de la ville », espère que la nouvelle configuration politique « continuera avec cet enthousiasme » (l’institution reçoit 45 millions de subventions). Concernant les défis de la politique culturelle, Aviel Cahn répond avec malice « que l’enjeu est maintenant d’ouvrir les esprits, afin que les talibans de l’opéra comprennent que l’on n’est plus au 19e siècle »..

Abonnement à La Lettre du Musicien

abonnement digital ou mixte, accédez à tous les contenus abonnés en illimité

s'abonner
Mots clés :

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier à commenter cet article

Pour commenter vous devez être identifié. Si vous êtes abonné ou déjà inscrit, identifiez-vous, sinon Inscrivez-vous