Musique et santé font (presque) toujours bon ménage

Suzanne Gervais 05/02/2020
Les scientifiques s’intéressent de près aux nombreux effets de la pratique musicale sur la santé et le développement cognitif. Petit tour d’horizon de quelques découvertes récentes.

L’éducation musicale retarde le déclin cognitif

La science a déjà établi que la pratique de la musique améliorait sensiblement les capacités cognitives de l’enfant et de l’adolescent. Mais, découverte plus récente de l’institut de recherche Rotman au Canada, ses bénéfices perdureraient longtemps après, jusqu’à un âge avancé. Ainsi, commencer la musique avant 14 ans et poursuivre pendant dix ans une pratique intensive aurait un effet significatif sur la mémoire, l’analyse et la compréhension, passé 55 ans.Les chercheurs ont recruté vingt adultes en bonne santé, âgés de 55 à 75 ans, sans troubles auditifs : dix musiciens et dix personnes sans formation musicale. Des fragments de discours, parfois très succincts, leur étaient envoyés à travers des écouteurs. Résultat ? Le cerveau des musiciens a fait preuve de réponses neurophysiologiques plus efficaces.

La musique en groupe améliore la qualité de vie

Jouer ou écouter de la musique en groupe améliorerait la qualité de vie des individus, c’est ce qu’a récemment démontré une étude réalisée par l’unité de psychologie de l’université de Deakin, en Australie, sur un échantillon de 1 000 Australiens de 56 ans d’âge moyen. Chez ceux qui jouent dans un orchestre, un quatuor, avec des amis, ou qui se rendent régulièrement au concert, les chercheurs ont pu constater une amélioration de la vie sociale, mais aussi de la santé générale et du sentiment de bien-être et de sécurité. Ils ont démontré que chanter ou jouer d’un instrument seul apporte une satisfaction moindre que de pratiquer la musique au sein d’un groupe. Même constat pour l’écoute de la musique.

La musique pour les prématurés

Les nourrissons prématurés sont exposés à un grand nombre de soins : des manipulations désagréables qui génèrent un stress considérable. Un grand prématuré fait en effet preuve d’une hypersensibilité auditive et tactile. La musique intervient alors comme un moyen d’apaiser ces enfants, de réguler leur rythme cardiaque pour leur permettre de mieux tolérer les soins et de s’adapter plus vite à leur nouvel environnement. Il n’est évidemment pas question de diffuser un opéra de Wagner au chevet de ces prématurés. Des techniques spécifiques sont privilégiées par les musicothérapeutes, telles que le humming, une vocalisation rythmée qui crée une enveloppe stimulante rappelant l’univers sonore in utero, soutenu par des percussions douces, telles que le tambour d’océan. Il faut veiller à ce que l’intensité et la fréquence du chant ne soient ni trop élevées ni trop basses. L’hôpital de Creil, dans l’Oise, est le premier établissement médical à avoir intégré, en 2007, la musicothérapie à son service de néonatalogie. Un exemple à suivre.

La cornemuse tueuse ou l’importance de l’entretien des instruments

Un fait divers surprenant est venu rappeler, au Royaume-Uni, en août, à quel point l’entretien régulier des instruments à vent est indispensable pour la santé des musiciens. Un homme de 61 ans est mort d’une infection respiratoire après avoir inhalé des champignons toxiques qui avaient poussé dans sa cornemuse. Un cas rarissime qui a fait l’objet d’une étude scientifique publiée dans le journal médical britannique Thorax. Le musicien souffrait d’une toux sèche chronique et d’essoufflement. Lors d’un séjour de trois mois en Australie, sans son instrument, son état s’était curieusement amélioré. Son médecin avait alors envoyé la cornemuse au laboratoire : plusieurs types de champignons responsables de graves lésions aux poumons y sont alors découverts, trop tard hélas pour sauver le musicien.
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