Mathilde Calderini : « Les concours se préparent sur des années »

Mathilde Blayo 21/02/2020

Mathilde Calderini est la nouvelle flûte solo à l’orchestre philharmonique de Radio France. Elle revient pour nous sur son concours de recrutement.

Quel a été votre parcours avant d’intégrer l’Orchestre philharmonique de Radio France ?

J’ai commencé au conservatoire de Chambéry, en Savoie, avant d’intégrer le CNSMD de Paris. A la fin de mon master en 2017 j’ai choisi de me produire en solo et avec des ensembles de musique de chambre avant d’intégrer un orchestre. Je suis depuis un an à l’Orchestre national de Lille (ONL) comme flûte solo. 

Comment s’est déroulé le concours de recrutement pour l’Orchestre philharmonique de Radio France ? 

Depuis un an nous savions qu’un poste de flûtiste allait se libérer avec le départ à la retraite d’un musicien. Nous étions nombreux à attendre le concours avec impatience. L’annonce a finalement été publiée mi-décembre, ce qui nous a laissé un mois et demi de préparation, un délai très court. 

Nous étions 65 au premier tour, ce qui est relativement peu par rapport à d’autres concours de flûte, mais qui peut s’expliquer par le délai très court. Le premier tour était derrière paravent, avec une pièce de répertoire et un trait d’orchestre à jouer. Au deuxième tour nous n’étions plus que 10 pour une pièce de Mozart et une de Debussy. Nous étions quatre femmes, puis deux à la finale, et au programme il n’y avait que des traits d’orchestres avec tous les solos importants pour la flûte, Salomé de Strauss, des symphonies de Beethoven… Cela faisait beaucoup de pièces à préparer en un mois et demi, surtout en continuant à jouer à l’Orchestre national de Lille. Heureusement que j’avais déjà travaillé de nombreux traits d’orchestre. 

 Comment vous êtes-vous sentie ? Quelle était l’ambiance générale ? 

C’est forcément très stressant car c’est un poste prestigieux, dont j’avais vraiment envie. Mais la pression était surtout personnelle car les conditions du concours étaient très bonnes. Le jury (composé de 12 personnes, dont des musiciens de l’orchestre, le chef et deux membres de l’administration) était agréable, la salle sonnait bien. Ils nous ont épargné de venir à 65 pour le tirage au sort du premier tour, en nous faisant passer par groupe de 20. Cela reste malgré tout un exercice très difficile qui demande beaucoup de force mentale, pas seulement des qualités musicales. L’ambiance avec les autres candidats était plutôt bonne même si, évidemment, il y a de la compétition. Mais personne ne se tire dans les pattes, on se connaît souvent les uns les autres. 

Au CNSMD, on est bien préparé aux concours d’orchestre, on fait beaucoup de rodage. J’ai surtout passé des concours internationaux mais j’étais dans une classe où nombre d’élèves préparaient des concours d’orchestre, donc je travaillais les mêmes traits qu’eux. Ce sont des concours qui se préparent pendant des années, en tout cas en flûte, où le répertoire et les possibilités de traits d’orchestres sont immenses. 

 Comment va se passer votre intégration à l’orchestre ? 

Il y a une période probatoire de quatre mois. Il faudra que je prenne un congé à Lille, en m’assurant que l’orchestre ne soit pas mis en difficulté, qu’ils aient un remplaçant. Si c’est bon pour l’ONL, je devrais faire ma première prestation à Radio France en avril. C’était un rêve d’adolescente d’entrer dans cet orchestre, je l’ai vu, je l’ai écouté, il m’a fait rêver. C’est inquiétant de voir la tendance actuelle pour la musique à Radio France, mais je suis confiante et j’arrive dans un état d’esprit très positif. 

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