Disparition brutale d’Hervé Brisse : Lille en deuil

Marie Tranchant 22/02/2020

Musicien à l’Orchestre national de Lille depuis 1978, chef de l’Orchestre d’harmonie de Lille-Fives, conseiller artistique de lille3000, Hervé Brisse était une figure majeure de la musique dans les Hauts-de-France. Il est décédé brutalement vendredi.

« C’était quelqu’un de si gentil. » Le mot choisi et répété par un musicien de l’Orchestre national de Lille (ONL) pour qualifier Hervé Brisse s’assortit d’un souvenir : « Quand on faisait nos derniers concerts de l’année, petit à petit, certains mettaient une écharpe, et à la fin, Hervé Brisse se déguisait en père Noël. » L’anecdote dit beaucoup de la personne qu’était le tuba solo, membre de l’ONL depuis 1978, grand musicien à la chevelure blanche qui s’est éteint brutalement ce vendredi. 

Depuis, de nombreux hommages témoignent de la popularité du musicien, également chef de l’Orchestre d’harmonie de Lille-Fives et conseiller artistique de lille3000. Dans un communiqué, la maire de Lille Martine Aubry regrette le décès de cette « figure de la vie musicale de notre ville », rappelant son « énergie et (sa) simplicité ». Vendredi soir, juste avant le ciné-concert Star Wars donné par l’ONL, l’annonce de son décès a été faite au public. Jérémie Dufort, qui a remplacé le tuba au pied levé, lui a rendu hommage sur Facebook, soulignant « l’énergie débordante et fédératrice » d’Hervé Brisse.

« toujours disponible »

Bouleversé, le tromboniste Yves Bauer, membre de l’Orchestre national de Lille, raconte à La Lettre du Musicien : « J’ai été assis à côté de lui pendant vingt-six ans, nous étions aussi collègues au Conservatoire de Roubaix. Je le voyais tous les jours, c’est quelqu’un avec qui je n’ai jamais eu la moindre dispute, quelqu’un sur qui on pouvait compter. Il était toujours disponible, et toujours prêt à monter un projet. »

De l’ONL à l’harmonie de Fives, en passant par lille3000, Hervé Brisse était en effet de tous les projets. « Avec l’harmonie, il allait chercher des projets transversaux dans tous les sens, en électro, en chanson, témoigne Alexandre Lenoir, chanteur du groupe Les Blaireaux, qui avait monté un concert avec l’harmonie au Théâtre Sébastopol en 2011. Il impulsait un croisement, c’est assez rare et bluffant. » La curiosité du musicien l’avait mené vers des projets avec DJ Zebra comme avec un auteur de BD, mêlant tous types d’artistes. Un de ses credos, comme il le confiait à La Lettre du Musicien en décembre dernier : « Créer du lien entre musiciens est essentiel. » Tous sont aujourd’hui en deuil et se souviennent de cette énergie et de cette envie de partager.

Par Marie Tranchant (Lille, correspondance)

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