Ben Glassberg : « J’aimerais renforcer les projets éducatifs avec l’Opéra de Rouen »

Mathilde Blayo 24/02/2020

Le chef britannique Ben Glassberg rejoint à partir de la saison prochaine l’Opéra de Rouen pour un mandat de trois ans en tant que directeur musical. 

Pourquoi prenez-vous le poste de directeur musical de l’Opéra de Rouen ?

Je suis vraiment ravi de rejoindre l’Opéra de Rouen. La première fois que j’ai travaillé avec l’orchestre, en 2018, c’était un immense plaisir. J’ai aimé l’esprit de l’orchestre, qui est particulièrement flexible dans son jeu. C’était très intéressant de travailler un répertoire romantique (Tchaïkovski et Rachmaninov) la première fois et ensuite, l’été dernier, de jouer Haydn et Mozart. Les musiciens de l’orchestre aiment trouver un style différent dans chaque répertoire.

De plus, j’ai déjà de très bonnes relations avec la direction. Une partie des collaborateurs est arrivée il n’y a pas très longtemps et se montre favorable à ce que l’on fasse les choses ensemble, avec une vision commune. Et puis j’aime Rouen : c’est une ville jeune avec beaucoup de culture et d’histoire. 

Pour le moment je suis à Bruxelles, sur la trilogie Mozar-Da Ponte. Je serai la semaine prochaine en Allemagne et je suis toujours chef principal du Glyndebourne Touring Opera à Londres. Les agendas coïncident bien : je pourrai rester chef à Londres et directeur musical à Rouen et partager ma vie entre les deux villes. Le premier spectacle en France aura lieu en novembre, mais nous commençons à travailler sur la prochaine saison. J’espère simplement que le Brexit ne va pas compliquer cette vie entre l’Angleterre et la France...

 Quels sont vos projets pour l’Opéra de Rouen ? 

L’institution a une très bonne relation avec le public rouennais et la région. C’est important de continuer à faire des spectacles à l’Opéra, mais il faut aussi aller davantage hors les murs. J’aimerais renforcer les projets éducatifs, et c’est aussi la volonté du directeur, Loïc Lachenal. Nous aimerions amener l’opéra à des gens qui ne sont pas de ce milieu. Des classes pourraient venir, voir les coulisses, les répétitions, le processus de création. J’ai déjà mené des opérations de ce type en Angleterre et cela marche très bien. L’Opéra est un peu comme un stade de foot, c’est un lieu qui peut réunir les gens dans un esprit de communion. Si nous arrivons à créer une institution forte, avec une mission claire, cela peut être un vrai lieu pour la communauté, les citoyens.

Musicalement, que prévoyez-vous ?

Cette maison est idéale pour Mozart, dont je suis un  spécialiste, mais aussi pour d’autres répertoires. Ces dernières années, ils ont explorés de nouveaux horizons, notamment contemporains. Je voudrais prolonger cela, tout en programmant Verdi, Wagner… Les dernières saisons de l’Opéra étaient équilibrées, tout le monde pouvait s’y retrouver. Je veux continuer dans cette voie, inviter des solistes de renommée internationale pour encore plus valoriser l’institution.

Par ailleurs, la combinaison musique et théâtre est la chose la plus intéressante pour moi à l’Opéra. La relation – les échanges entre le chef d’orchestre et le metteur en scène – est essentielle et je me réjoui de savoir que je travaillerai avec certains metteurs en scène que je connais déjà, d’autres que j’aurai la possibilité d’inviter.

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