L’intelligence artificielle, manne ou danger ?

Antoine Pecqueur 26/02/2020
L’intelligence artificielle (IA) est partout. Du traitement anti-coronavirus à la lutte contre la fraude fiscale, son recours touche l’ensemble des secteurs. Et la musique ne fait pas exception ! La conception de machines capables de simuler l’intelligence musicale s’annonce comme un enjeu majeur pour la profession.

« La création de l’intelligence artificielle
serait le plus grand événement
de l’histoire de l’humanité.
Mais il pourrait aussi être l’ultime. »
Le physicien Stephen Hawking

Depuis le lancement de la nouvelle formule de La Lettre du Musicien, une page est dédiée chaque mois à l’actualité numérique, dans laquelle notre collaboratrice Suzanne Gervais décrypte l’usage des nouvelles technologies dans le champ musical. Les innovations sont légion. Mais l’IA soulève des interrogations qui dépassent la seule question technique.
Dans ce numéro, vous allez découvrir comment, grâce à une équipe internationale de chercheurs, l’intelligence artificielle a été utilisée pour compléter la Symphonie n° 10 de Beethoven, dont il ne restait que quelques esquisses. Une simple opération marketing pour profiter du 250e anniversaire de la naissance du compositeur ? Ou une démarche réellement scientifique, qui pourrait aboutir à un résultat suffisamment pertinent pour faire entrer cette œuvre au répertoire ? Il faudra attendre son interprétation en avril par un orchestre (de vrais musiciens et non de machines…) pour juger sur pièces.
Comme toujours avec l’intelligence artificielle, notre regard ne saurait être manichéen. Si, en matière de fabrication d’instruments, l’usage de l’IA reste encore limité, il pourrait par contre vite devenir un outil d’expertise pour les instruments anciens. Mais, là encore, il fait débat. On ne peut en tout cas que se réjouir de voir le “made in France” à la pointe sur ce sujet, grâce aux équipes de l’Ircam, comme le montre l’enquête de Mathilde Blayo. L’institution fondée par Pierre Boulez a su brillamment évoluer pour devenir un lieu de référence, notamment sur les questions des datas et des algorithmes, intrinsèques à l’essor de l’IA.
Au-delà de l’Hexagone, c’est toute l’Europe qui, dans ce domaine, a une longueur d’avance tant sur les États-Unis que sur la Chine. Mi-février, la Commission européenne a dévoilé ses projets pour encadrer le développement de ces technologies. L’UE a assurément une carte à jouer face aux puissants géants du Net, les Gafam américains (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) comme les Batx chinois (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi).
Car derrière l’IA se trouve l’enjeu de la protection des données, et donc rien moins que celui de la démocratie.

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