Le CNC, une aide plus sélective

Rédaction 26/02/2020
L’institution a réformé son système de soutien à l’audiovisuel. L’heure est à davantage de transparence, notamment dans le montage des projets de captations de concerts.
Le CNC est une manne indispensable dans le financement des captations de spectacle vivant, et notamment de concerts. Sans son apport, les chaînes ne pourraient diffuser autant de concerts symphoniques ou d’opéras. Mais la manne a aujourd’hui tendance à se réduire. Au lancement de Culturebox ou d’Arte Concert, les chaînes de télévision ont eu l’idée de déléguer les retransmissions de concerts à leurs plateformes numériques. Les programmes se sont alors accumulés, sans toujours obtenir d’importantes audiences. Les tournages se faisaient avec le strict minimum : peu de caméras, un temps de préparation limité… Pour garantir la qualité des captations, le CNC a rendu plus drastiques les conditions d’obtention de ses aides, notamment le nombre de prises minimal d’un même programme. Aujourd’hui, Arte Concert poursuit sa politique éditoriale, identifiée sur la musique, mais Culturebox se retrouve noyée dans le site de France Télévisions, avec une offre peu lisible (au départ consacrée au baroque, la plateforme s’est ouverte à tous les genres).

L’affaire M. Media

Intermédiaires indispensables entre les artistes et les chaînes de télévision, les sociétés de production doivent arriver à des montages financiers souvent périlleux pour assurer une captation. Des entreprises comme Bel Air, Telmondis, Oxymore ou Jack Febus sont spécialisées dans les tournages de musique classique. Un grand nombre d’entre elles ont récemment été sanctionnées par le CNC pour avoir fait appel à une société, M. Media, créée par l’ancien chef d’orchestre Michel Swierczewski.
Le deal était simple : M. Media acceptait d’être diffuseur de la captation, à condition que les sociétés de production fassent ensuite appel à elle pour la location de matériel et la postproduction. Pour les sociétés de production, c’était un moyen d’obtenir une diffusion supplémentaire, condition d’aide du CNC. Mais ce dernier a vu d’un mauvais œil cet échange de bons procédés. Après avoir reçu une amende, certains producteurs pourraient être privés d’aides du CNC pour une durée limitée. De quoi fragiliser encore plus leur mode de fonctionnement. La réforme de l’audiovisuel devra à coup sûr clarifier les liens entre le CNC, les producteurs et les diffuseurs, pour éviter que de telles affaires ne se reproduisent.
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