Covid-19 : En Suisse, 265 millions d’euros pour la culture

Le conseil fédéral a adopté une ordonnance pour atténuer les conséquences économiques de la propagation du virus. Premières réactions.

Dans cette crise sanitaire et économique sans précédents, la culture en Suisse ne sera pas oubliée : une première tranche de 280 millions de francs suisses (265 millions d’euros) va être allouée au monde culturel (arts du spectacle, cinéma, musique, musées…) pour les deux prochains mois.

Dès le début de l’épidémie, lAssociation romande technique organisation spectacle (Artos) s’était très vite inquiétée du sort des professionnels indépendants travaillant dans l’industrie du spectacle. Pour anticiper l’effet boule de neige des annulations et des pertes sèches, une pétition en ligne réclamant un fonds d’indemnisation avait été lancée il y a trois semaines. 15 000 signatures plus tard, elle était envoyée à la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, et aux conseillers fédéraux. Matthieu Obrist, président de l’Artos, se réjouit de l’annonce faite par le conseil fédéral : « C’est une décision qui va dans le bon sens et qui montre que nous avons été écoutés et entendus. » Les 280 millions de francs suisses, d’après l’ordonnance du 20 mars, seront destinés aux entreprises et acteurs culturels pour l’indemnisation des pertes financières, notamment pour celles résultant de l’annulation ou du report de manifestations. Il y aura en outre des aides d’urgence sous forme de prêts remboursables sans intérêts pour assurer la liquidité.

« Indemniser les artistes »

Éric Vigié, directeur de l’Opéra de Lausanne, garde cependant la tête froide : « C’est une bonne nouvelle, mais tout est très précipité. » Le théâtre qui était sur le point de débuter une série de représentations de Candide de Bernstein a fermé vendredi 20 mars, jour même d’une première avortée. « Pour le moment, nous allons faire les comptes, indemniser en priorité les artistes et réfléchir à comment reprogrammer les productions », poursuit le directeur qui se voit dans l’obligation d’annuler également la prochaine production. « Il est trop tôt pour se réjouir, tempère-t-il, ce qui est plutôt rassurant, c’est que beaucoup de nos spectateurs ont commencé à offrir leurs billets sous forme de dons extraordinaires. » La prudence est également de mise chez le Syndicat suisse romand du spectacle :« Il faudra être attentif à la façon dont la mesure sera appliquée, notamment pour l’assurance perte de gain, qui serait limitée à 30 jours, alors que nombreux professionnels sont à l’arrêt depuis le 28 février. »  

À présent, tout le monde retient son souffle pour savoir ce qu’il en sera des grands évènements de l’été : le Festival de Verbier, le Gstaad Menuhin Festival, le Festival de jazz de Montreux... S’ils étaient annulés, les pertes seraient gigantesques.

 

 

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