Pierre Bleuse nommé au Danemark : « Un coup de foudre musical »

Mathilde Blayo 08/04/2020
Le chef d’orchestre français prend, à compter de la saison 2021-2022, la direction de l’Orchestre symphonique d’Odense pour trois ans.

Comment en êtes-vous  venu à diriger l’Orchestre symphonique d’Odense?

Je l’ai dirigé, en septembre dernier, dans un programme de musique française. C’était une belle rencontre et on a tous gardé un souvenir très heureux de ce concert. Puis il y a un mois et demi ils m’ont demandé de remplacer au pied levé leur chef principal. J’ai pu y aller et ce fut un moment très fort. Ils m’ont alors proposé le poste. Un chef d’orchestre ne peut pas rêver mieux. J’ai l’impression d’avoir été accueilli dans une famille. On s’est compris musicalement, on parle le même langage. C’est, en quelque sorte, un coup de foudre musical. Ils ont un état d’esprit magnifique avec une implication forte des différents pupitres, une grande cohésion sonore et, en plus, ils ont une salle de concert magnifique. 

Quel répertoire comptez-vous explorer avec cette phalange?

On a des désirs communs en matière de programmation. Nous voulons réfléchir à des programmes mixtes : jouer du grand répertoire, en s’intéressant un peu plus au répertoire français, mais aussi explorer la création. C’est essentiel pour moi. Je veux continuer dans cette recherche d’univers, de compositeurs, d’autres esthétiques. C’est le défi de tous les orchestres aujourd’hui : trouver l’équilibre entre ces répertoires et maintenir en éveil la curiosité du public. Il faut mener ce travail avec passion et imagination dans la forme des concerts pour amener le public vers une programmation plus mixte.

Comment définiriez-vous votre style dans la direction d’un orchestre ? A quoi êtes-vous particulièrement attentif? 

J’ai une ligne de conduite dans mon travail : la transmission. L’envie de diriger m’est venue très tôt, dès l’âge de 4 ans. J’ai eu une carrière de violoniste avant d’arriver à la direction d’orchestre, mais ce désir sortait de moi de façon inexplicable. J’ai un grand amour pour les musiques que je défends et j’essaie de transmettre cela. Dans le cadre de la musique contemporaine, je mène un peu un travail d’explorateur : il faut découvrir les trésors d’une partition et pouvoir être le plus lisible possible dans ma direction d’orchestre pour emmener les musiciens avec moi dans cette découverte. Je suis aussi très attentif à l’échange avec les musiciens. Ayant fait beaucoup de musique de chambre, je suis à l’écoute de ce qu’ils peuvent proposer. C’est important de laisser aux musiciens l’espace de s’exprimer, ils peuvent proposer des choses magnifiques auxquelles on n’avait pas pensé. J’attache également beaucoup d’importance au son, à la matière sonore.

Quand rejoindrez-vous l’orchestre? 

Le premier concert aura lieu en janvier 2021, puis j’en prendrai pleinement la direction pour la saison 2021-2022. Nous sommes en train d’y travailler. Mais j’aurai aussi le temps pour continuer à développer mes relations avec d’autres orchestres. C’est très important de continuer à grandir en découvrant d’autres cultures d’orchestre, en jouant d’autres répertoires. J’ai la chance d’aborder un grand spectre d’œuvres, du baroque au contemporain. C’est important pour moi cet oxygène, je suis curieux de nature. Mais ça demande un travail inimaginable, je passe ma vie dans les partitions, ce qui me permet de rester en alerte, de me remettre en question, d’être sans cesse dans la découverte.

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