Covid-19 : les villes mettent en place des fonds d’urgence pour la culture

Mathilde Blayo 11/05/2020

Les villes sont les premiers financeurs de la culture et, à ce titre, leur rôle dans la crise actuelle est primordial pour le secteur. De nombreuses collectivités ont d’ores et déjà lancé d’importants plans d’aide.

Anne Hidalgo devrait présenter le 18 mai un vaste plan de soutien à la culture. À Nantes, 1 million d’euro a été débloqué pour aider le secteur culturel et 1 million pour le secteur associatif. Une enveloppe de plusieurs millions d’euros sera aussi bientôt mise à disposition du secteur culturel toulousain.

Exonération du paiement des loyers

« Notre responsabilité, c’est d’abord celle de la proximité, considère David Martineau, adjoint en charge de la culture à la mairie de Nantes. Nous sommes surement ceux qui comprenons le mieux et sommes les plus à même de soutenir le secteur culturel local, dans ses particularités, sa diversité. » La ville de Nantes s’est rapidement mobilisée pour la culture en assurant le maintien des subventions aux structures et associations déjà partenaires. Les acteurs culturels hébergés dans des logements municipaux sont exonérés du paiement des loyers. Un fonds d’un million d’euro doit répondre à l’urgence de la crise pour les acteurs culturels dans le besoin et « qui ont des projets à nous proposer dans la période » explique David Martineau. Un million d’euro est aussi prévu pour les associations, dont certaines mènent aussi des projets culturels.

Les pertes de recettes des structures municipales

À Toulouse, un plan similaire a été mis en place : le maintien des subventions auprès des acteurs culturels déjà partenaires malgré l’arrêt de leurs activités. « Nous avons aussi maintenu nos engagements vis-à-vis des intermittents que nous avions engagés », rapporte Francis Gras, adjoint en charge de la culture à Toulouse. Un fonds de plusieurs millions d’euros doit aussi permettre de soutenir les structures les plus vulnérables. « A cette enveloppe s’ajoute les pertes de recette qu’on aura sur nos structures » rappelle-t-il. Opéra ou musées, comme la Cité de l’espace à Toulouse, n’auront pas eu de recettes pendant plusieurs mois et pourtant la municipalité continue d’en assurer en grande partie des frais de fonctionnement.

Annulation de festival

Devant les minces recommandations gouvernementales sur la reprise des activités culturelles, les municipalités ont parfois dû prendre les devants. L’interdiction des rassemblements de 5 000 personnes ne concernant pas l’ensemble des manifestations culturelles en France, certaines villes ont arbitré seules de l’annulation ou du report de festivals. Ainsi la ville de Lisieux a décidé d’annuler tous les festivals de l’été de son territoire. À Toulouse, en accord avec les organisateurs, le festival Rio Loco a été reporté à l’année prochaine. L’édition 2020 de Toulouse d’été a été annulée.

L’adaptation au niveau local

Une décision lourde pour la ville, qui pour autant ne souhaite pas que les indications nationales sur la question soient plus précises : « La règle sanitaire de base, c’est la distanciation sociale. A partir de là, les modalités pratiques c’est les organisateurs qui les ont, considère Francis Grass. Mettre une norme couperet à une jauge de 1000 personne n’aurait pas de sens. Il y a trop de disparité entre les collectivités. L’information est locale et les solutions aussi. C’est notre interaction avec nos citoyens qui permettra d’être efficace. »

Pour autant, les villes ont besoin d’un soutien de l’État pour faire face à la crise. « Nous avons besoin d’un cadre national plus clair pour pouvoir l’adapter à nos territoires », affirme David Martineau. Par l’association France urbaine, qui réunit 104 municipalités, les villes ont aussi pu faire remonter les problèmes des acteurs culturels lors de réunions avec le ministère de la Culture, en demandant notamment l’année blanche accordée hier. « Lors de la dernière réunion de la commission culture de France urbaine, nous étions 83. C’est la première fois que nous sommes aussi nombreux ce qui prouve que la mobilisation des élus est réelle, rapporte Francis Grass. Même si la priorité de nos citoyens, ce n’est peut-être pas la reprise des activités culturelles, nous, élus, nous devons tout faire pour que le secteur soit en capacité de reprendre cette année et de durer les années suivantes. »

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