Covid-19 : des conservatoires maintiennent leurs ouvertures

Alors que la plupart des établissements ont renoncé à rouvrir leurs portes après la publication du décret “déconfinement”, certains accueillent des élèves en attente d’une réponse précise de la préfecture.

 

Le 12 mai, le décret “deconfinement” tombe : les établissements d’enseignement artistiques doivent rester fermés jusqu’à nouvel ordre. Ils sont uniquement autorisés à organiser les examens de fin d’année. Pourtant, certains conservatoires ont commencés à accueillir du public, dès le 11 mai, au même rythme que les écoles primaires ou maternelles. Une France à double vitesse, où le flou politique et la lenteur administrative mettent des établissements “hors la loi”.  

 

« On est complètement dans l’illégalité »

« Depuis le 11 mai, entre 200 et 300 personnes sont passées dans nos locaux, raconte un directeur de conservatoire d’Ile-de-France,on a mis en place le même protocole sanitaire que les écoles primaires et on a ajouté des règles propres à nos spécificités. » Il raconte avec calme l’organisation de cette réouverture : présence sur volontariat, pas de cours collectifs, prise de rendez–vous pour les classes individuelles, distanciation physique avec une reconfiguration des salles, pas d’instruments à vent... Mais quand vient le sujet du décret, il peine à cacher son inquiétude : « Oui, on est complètement dans l’illégalité. Tout se passe très bien depuis la reprise, mais cette situation me rend anxieux. » Ce n’est pas faute d’avoir alerté la mairie qui « attendrait toujours la réponse de la préfecture ».  Le temps est long pour ce directeur de conservatoire qui craint « les répercussions sur son établissement ».

« Inquiétude partagée »

Dans un autre conservatoire, ce sont les professeurs qui sont alarmistes. Les cours ont repris depuis quelques jours et la direction « reste complètement muette », selon un contractuel. Impossible d’établir un dialogue avec la hiérarchie pour clarifier la situation. Les salariés ne savent même pas où en sont les négociations avec la préfecture, si tant est qu’elles aient commencé. « C’est dans le flou complet qu’on aborde cette reprise, en sachant pertinemment qu’on est plus ou moins hors la loi. » Ce professeur craint que la situation perdure après le 2 juin, date à laquelle le gouvernement devrait faire de nouvelles annonces concernant les réouvertures.

Le manque d’information est flagrant aussi du côté des élèves. « L’un d’entre eux ne savait même pas que l’établissement n’avait pas le droit d’ouvrir. Quand il l’a appris, il m’a demandé de reprendre les cours à distance et je peux vous dire que sa connexion internet est très mauvaise. L’inquiétude est partagée. » 

Les conservatoires sont dans l’attente de réponses des préfectures afin d’obtenir une dérogation ou une obligation de fermer. Les situations varient d’un établissement à l’autre, mais tous pointent du doigt la même chose: l’opacité dans la gestion de crise.

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