Christophe Girard : « Nous avons un devoir d’action »

Antoine Pecqueur 21/05/2020

L’adjoint à la maire de Paris chargé de la culture nous révèle les dispositifs que la capitale met en place pour la musique.

Vous lancez un plan d’aide au monde culturel de 15 millions d’euros. Quelle place pour la musique ?

La musique a une place essentielle. Il n’est pas question de faire de l’accompagnement sympathique, nous avons un devoir d’action. Sur les 15 millions d’euros de notre plan, nous consacrerons entre 11 et 12 millions d’euros aux établissements, associations et événements soutenus par la ville de Paris et qui ont connu des déficits du fait de la crise, dont de nombreux dans le champs de la musique. Il y aura aussi 500 000 euros dédiés aux acteurs privés de la musique, une somme qui sera gérée par le Centre national de la musique. Et enfin, 500 000 euros seront consacrés à l’organisation du mois d’août de la culture.

En quoi va consister ce mois d’août culturel ?

Comme les salles de spectacle vont être fermées au moins jusqu’en septembre, il faut aller à l’extérieur. L’idée est notamment de s’inspirer des Etats-Unis ou de la Grande-Bretagne, où les fanfares et les chorales se produisent régulièrement dans les parcs. Nous allons investir les kiosques à musique. Dans l’espace public, le virus a une durée de vie plus courte. On a vu combien la musique a été indispensable, même pendant le confinement, avec très souvent des chants, des improvisations au moment des applaudissements pour les soignants. Après deux mois de sidération, il faut maintenant donner un cadre à une reprise de l’activité culturelle. Et elle est d’autant plus indispensable que cet été de nombreux Franciliens ne vont pas partir en vacances, pour des raisons sanitaires ou économiques.

Mais les parcs sont jusqu’à présent encore interdits au public…

La maire de Paris, Anne Hidalgo, travaille d’arrache-pied pour faire changer cela. Il est absurde de maintenir cette interdiction et d’ouvrir les lieux de cultes, les commerces. D’autant que les conditions sanitaires seront garanties : le port du masque, le gel hydroalcoolique, la distanciation seront respectés par le public et les artistes.

Quelles seront les conditions pour les artistes ?

Ils seront rémunérés, tout comme les techniciens. Nous organisons un appel à projet et invitons tous les artistes, tous les musiciens, à nous solliciter. En ce qui concerne le public, l’entrée aux spectacles sera gratuite.

Comment travaillez-vous avec les établissements musicaux parisiens ?

Nous avons convenu avec Laurent Bayle, directeur général de la Philharmonie, que ce lieu accueillera des groupes d’élèves tout au long du mois d’août. Des élèves de Paris comme de Seine-Saint-Denis : la Philharmonie est au cœur de la métropole. La directrice du théâtre du Châtelet, Ruth Mackenzie, imagine des petits concerts en terrasse, diffusés ensuite sur internet.  J’ai aussi apprécié la volonté de Nicolas Droin, directeur de l’Orchestre de chambre de Paris, de mettre en place des prestations devant des Ephad dans le 20e arrondissement. On assiste à une belle fédération des expressions.

Et quid des conservatoires ?

Selon le décret “déconfinement”, les établissements doivent rester fermés. Ils pourront rouvrir dans des cas spécifiques, comme l’organisation de concours ou d’examens. Mais la question se pose de l’utilisation de ces espaces pour le mois d’août de la culture. Une chose est sûre : il faut s’assurer que les étapes du déconfinement se fassent sans risque sanitaire.

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