La résistance des académies d’été

Mathilde Blayo 26/06/2020

En dépit de la crise du Covid-19, des stages d’été arrivent à se maintenir en s’adaptant aux contraintes sanitaires.

De nombreuses académies d’été ont dû annuler leur édition 2020, particulièrement les grandes, adossées à des festivals comme Les Arcs ou Musicalta. D’autres se sont adaptées. Les Académies internationales d’été du Grand Nancy maintiennent les deux sessions prévues, mais elles auront lieu au conservatoire de Vincennes pour des raisons logistiques. Les restrictions sanitaires rendaient l’hébergement problématique à Nancy.

Une session sur deux

À l’Abbaye aux Dames de Saintes, deux stages étaient prévus dans le cadre du festival, un seul aura lieu. « Nous voulons éviter que les artistes ne se croisent trop, notamment dans l’hébergement », justifie Clémentine ­Bacca, chargée de communication. Hébergés dans les chambres de l’abbaye, les musiciens du stage maintenu (du 13 au 18 juillet) pourront ainsi rester pour l’ensemble du festival et proposer de petits programmes.

L’académie d’été du festival Cordes en ballade (Ardèche) a également fait le choix de ne garder qu’une des deux sessions prévues. Le stage de musique de chambre a été annulé, car « nous ne savions pas comment les choses se passeraient pour l’hébergement et l’accueil des mineurs », explique Christophe Collette, violoniste du quatuor Debussy, qui dirige le festival. Logés dans un lycée, les stagiaires peuvent être à plusieurs par chambre.

« Il y a plein de choses à inventer »

Le stage international de quatuor, en revanche, est maintenu (du 10 au 19 juillet). « Les six quatuors du stage s’inquiétaient de ne pas pouvoir se retrouver pour travailler, rapporte-t-il. Notre responsabilité d’aînés est de les aider et de leur transmettre, pendant quinze jours, ce que nous pouvons, surtout pendant cette période difficile. C’est compliqué pour eux d’avoir des salles où se retrouver, répéter, se produire. On leur offre un écrin de travail. » Le festival Cordes en ballade est annulé, mais les quatuors du stage assureront une présence dans les villages où il se tient d’habitude. Ils joueront dans les cours d’immeuble, les Ehpad. « Il faut se réinventer et se poser la question : “C’est quoi être musicien aujourd’hui quand on ne peut pas entrer dans une salle de concert ?” On veut que ces jeunes sachent qu’ils ne sont pas bâillon­nés, qu’il y a plein de choses à faire, à inventer », considère Christophe Collette.

Une nécessité de se réinventer qui a poussé le festival 1 001 Notes, qui ne propose d’habitude pas de stage, à organiser des classes de maître cette année (du 1er au 8 août, en Limousin). « Nous avons réussi à regrouper de nombreux musiciens professionnels. Les classes permettront d’augmenter les cachets des artistes, explique Albin de la Tour, directeur du festival. Pour cet été, tout ce que nous savons, c’est que nous ne savons rien ! Alors l’idée, c’est d’innover au maximum. »

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