Covid-19 : Réduction sur les frais de scolarité en conservatoire

Mathilde Blayo 26/06/2020
La crise sanitaire et les fermetures imposées amènent les établissements d’enseignement artistique à faire des remises sur leurs frais de scolarité. Des décisions politiques et contextualisées qui baissent leurs recettes.
Au conservatoire de Montreuil, comme pour les sept autres établissements du territoire Est ensemble, le troisième trimestre de l’année 2019-2020 ne sera pas facturé aux familles. Celles qui avaient déjà versé le montant pour la période ont été remboursées. Au CRR de Boulogne-Billancourt, comme pour les six autres établissements de Grand Seine Paris Ouest, la décision a été prise de faire une remise de 15% sur les réinscriptions 2020-2021.

Ces décisions sont prises par le politique et « sont contextualisées, explique Maxime Leschiera, président de l’association Conservatoires de France. Les frais d’inscription peuvent aller d’une centaine d’euros, pour certains établissement, à 1000, avec des  des variations relatives au quotient familial. Mais c’est effectivement une question discutée en ce moment dans la plupart des conservatoires. »

« Des activités qui n’ont pas pu avoir lieu »

A Montreuil comme à Boulogne, ces décisions ont été prises car, malgré le travail à distance et le suivi pédagogique des enseignants, « les familles ont payé pour des activités qui n’ont pas pu avoir lieu, notamment les cours collectifs d’ensemble, d’orchestre… », explique Jean-Luc Tourret, directeur du CRR de Boulogne-Billancourt qui justifie aussi cette remise par « la crainte que plus d’élèves que d’habitude ne se réinscrivent pas. Des élèves venant de loin en France ou de l’étranger, ceux qui ont décroché, ne se réinscriront peut-être pas. Cette remise est aussi un geste pour les inciter à rester. » Pour Est ensemble, la décision est aussi sociale, explique le porte parole : « Nous sommes sur un territoire populaire, la période a été difficile pour beaucoup de familles. C’est donc aussi un geste de solidarité. » Ces décisions à l’impact politique fort ne répondaient pas à une demande des familles, très minoritaires à avoir réclamé ce type de remise. Elles ont pourtant un coût pour les établissements.

Des pertes réelles pour les conservatoires

« La part des inscriptions dans le budget d’un conservatoire est très variable selon les établissements. Au CRR de Rennes, cela représente 10% du budget, pour d’autres CRR ce peut être 5%, rapporte Maxime Leschiera. Ce sont des petits pourcentages, qui peuvent tout de même représenter des sommes importantes : 60 000 euros, c’est le coût d’un enseignant à l’année. » Pour Est ensemble, c’est un tiers des recettes annuelles sur les inscriptions qui sont perdues, soit l’équivalent de 500 000 euros pour les huit conservatoires concernés. « L’éducation et la culture tiennent à cœur au président du territoire, explique le porte-parole. Alors on espère qu’il n’y aura pas de répercussion de ce manque à gagner sur l’activité des conservatoires, mais comme partout, il va aussi falloir que l’Etat nous aide. » Pour les sept établissements du Grand Paris Seine Ouest, la perte estimée est de 294 000 euros. « Ça aura forcément un impact sur nous, considère Jean-Luc Tourret. Mais on ne sait pas de quelle manière : devons-nous faire un effort supplémentaire ou aurons-nous une compensation ? » Pour l’heure, de nombreux conservatoires n’ont pas encore décidé quelle politique mener sur la question des remises, d’autant que la période électorale pousse chacun à la prudence.

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