Série d’été : les festivals qui résistent

Mathilde Blayo 30/06/2020

1/8 : Festival des forêts, Compiègne

Outre les concerts, la manifestation, qui se tient jusqu’au 15 juillet, propose des ateliers pour les plus jeunes. Une démarche pédagogique qui permet de diversifier les spectateurs. Reportage.

Les yeux grands ouverts, attentifs à l’impulsion du groupe, les enfants agitent leur sistre de fortune de plus en plus fort, levant haut le bras. Emportés par le bruit et le mouvement, les sourires des enfants grandissent au rythme du crescendo. Sans pour autant oublier d’ensuite baisser le volume en même temps que leur chef, dans une posture d’écoute collective aussi visible chez Oscar, 5 ans, que chez l’aînée du groupe Alice, 11 ans.

Ils sont dix réunis autour de l’adulte masqué, Xavier Méchali, intervenant sur cet “Atelier des P’tites Zoreilles”, pour une heure et demie autour des instruments mythologiques. Adepte de la lutherie sauvage, Xavier Méchali a fait construire aux enfants un sistre avec un bout de bois et des bouchons de bouteille ainsi qu’une sorte de cithare avec une boîte à chaussures, des bouchons de liège et des élastiques qu’Oscar fait sonner fièrement. « L’idée de ces ateliers est de permettre aux enfant de s’approprier l’instrument, explique Xavier Méchali. C’est un moment relativement court mais qui peut donner envie à l’enfant de revenir à la musique. On s’écoute, on comprend certaines subtilités de la musique : le geste nécessairement délicat sur l’élastique de la cithare, le moment collectif du crescendo… »
Comme souvent pour ce type d’atelier, certains enfants sont déjà bien éveillés à la musique, comme Oscar, qui suit des cours d’éveil musical, et sa sœur Alice, qui regrette de ne pas avoir eu ses « cours de piano en visio pendant le confinement ». Pour d’autres, c’est un début. Mère de deux garçons de 5 et 6 ans, Marie les a inscrit à l’atelier car elle « aimerait les mettre à la musique. C’est un moment d’éveil musical intéressant », tout en nous indiquant sur le ton de la confidence qu’après le confinement, ce type de sortie est aussi bien nécessaire.

Un travail pédagogique à l’année

Outre ces ateliers du mercredi, au sein du cloître de la bibliothèque Sainte-Corneille de Compiègne, le festival propose des concerts en famille, adaptés aux plus petits et à leurs parents. « Le premier public de demain, ce sont les enfants d’aujourd’hui, rappelle Alexandra Letuppe-Pantic, directrice du festival. Il faut les sensibiliser à la musique dès maintenant pour qu’ils aient envie d’aller au concert une fois adultes. » Si cette offre pédagogique a été maintenue cet été, c’est qu’elle est centrale dans le travail du Festival des forêts tout au long de l’année. Plusieurs écoliers de Compiègne, ainsi que des enfants « fragilisés » participent à un projet éducatif autour du chant et de la musique de chambre. Un programme inclusif révélateur de « l’attachement du festival à la question de l’intégration et à la mixité des publics. Les publics difficiles sont les plus éloignés de la musique et pourtant, ce sont ceux qui en ont le plus besoin », considère la directrice. Cette année, l’ensemble Le Concert impromptu intervenait auprès des enfants. En s’attachant à garder une programmation pour les petits, le festival rajeunit aujourd’hui son public avec, en cette année bien spéciale, une plus grande diversité des spectateurs.

 

Comment votre festival a-t-il pu se maintenir dans la crise sanitaire ?

Alexandra Letuppe-Pantic, directrice du Festival des forêts :

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