« Faire des propositions pour l’avenir des opéras »

Mathilde Blayo 04/09/2020

Caroline Sonrier, directrice de l’Opéra national de Lille, s’est vue confier par la ministre de la Culture une mission sur l’évolution de l’art lyrique en France.

Pourquoi cette mission est-elle lancée ?

La crise que nous traversons aujourd’hui a révélé les fragilités du secteur culturel et artistique. La situation de l’Opéra de Paris est un cas extrême, mais beaucoup de sujets concernent aussi l’ensemble des opéras en France. Il y a eu de très grandes transformations ces vingt dernières années dans ce secteur, notamment sur la recherche des nouveaux publics. Quand j’ai ouvert l’Opéra de Lille en 2004, avec déjà cette priorité, ça n’a pas été compris par tout le monde.

Aujourd’hui c’est une préoccupation de toutes les structures. Se pose aussi la question de la responsabilité d’un opéra dans un territoire. Il y a également la question du répertoire avec la place accordée au baroque. On ne peut pas ignorer le grand nombre d’ensembles remarquables qui apportent un patrimoine musical jusqu’à peu inconnu et extraordinaire. Il y a aussi la question de la création, de cette nouvelle génération de chanteurs, de la formation…
Face à ces transformations et aux grandes difficultés structurelles et économiques que rencontrent certaines maisons, il est nécessaire de faire un état des lieux.

Quels sont les objectifs de la mission et les axes de travail qui retiendront particulièrement votre attention ?

Ça ne sera pas qu’un état des lieux. L’idée est de faire des propositions pour l’avenir, notamment pour répondre à la crise que nous traversons. Nous travaillerons sur les maisons d’opéra, mais aussi sur d’autres structures, de plus petites formes, qui font vivre l’art lyrique sur le territoire. Nous aborderons sûrement la question de la formation, mais les axes d’exploration de la mission doivent encore être bornés.
Ce que je veux défendre avant tout, c’est l’exigence de l’offre, de la qualité artistique et, au même niveau, le rôle des opéras par rapport à la cité, au territoire. On ne doit pas penser les institutions seulement pour elles-mêmes. Aujourd’hui, tout le monde est assez sensible à cette question, mais nous avons encore un grand chantier à mener sur la diversité du public. Nous avons globalement réussi à ouvrir nos maisons à des générations diversifiées, mais reste la question de la diversité sociale. Être en lien avec la société d’aujourd’hui passera par nos propositions artistiques et par le public qui vient dans nos salles.

Quelle est le calendrier prévu et quels acteurs vous accompagneront dans cette mission ?

La ministre de la Culture attend un retour pour l’été 2021. Nous n’avons pas encore décidé de qui m’accompagnera dans cette mission. Nous allons y travailler avec la ministre, pour savoir d’abord quelles sont ses attentes, puis je constituerai un comité pour travailler sur ce sujet. A priori, il y aura des acteurs du secteur, mais aussi des acteurs des territoires, des responsables locaux qui sont les premiers financeurs des opéras.

 

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