Jean-Charles Ramelli, aménageur urbain et professeur de chant

« Je n’ai jamais pu concevoir le fait de faire une seule chose dans la vie. » Avec un double diplôme et deux professions à son actif, Jean-Charles Ramelli a toujours fui l’ennui. Petit, déjà, il adorait « faire mille et une choses à la fois ». Son parcours l’illustre bien.

Issu d’une famille de mélomanes, il est bercé par l’opéra et la musique ancienne. À 10 ans, il commence le piano. Un instrument qui l’accompagne encore aujourd’hui. Mais c’est à 17 ans qu’il a un vrai coup de foudre, lorsqu’il découvre le chant et le théâtre. À cette époque, adolescent timide, il s’empare de l’art lyrique pour s’exprimer. Dès lors, le chant fera partie intégrante de sa vie. Simultanément, d’autres centres d’intérêt attirent son attention : l’urbanisme et le droit. Curieux « des différentes problématiques qui traversent notre temps », Jean-Charles Ramelli sait qu’il veut agir sur la société. Concrètement. Quand il obtient son baccalauréat littéraire, une décision s’impose : le chant ou le droit ? Pourquoi pas les deux ?

Il entame alors des études juridiques à Nancy, ville dont il est originaire, tout en intégrant le CRR en chant lyrique. Un emploi du temps chargé, qui ne se désemplit pas quand il décide de partir à Paris pour faire une école de commerce, puis un master en urbanisme. « Je passais ma vie dans le train à cette époque, se remémore-t-il, un brin nostalgique. Trois jours à Paris et deux jours à Nancy. C’était sport ! » Jean-Charles Ramelli devient par  la suite conseiller d’aménagement urbain pour les collectivités territoriales. « Être au service des citoyens et rendre visibles les actions des élus », tel est son objectif. Mais ce n’est pas le seul. En choisissant d’exercer en libéral, il peut vivre parallèlement sa deuxième passion : être professeur de chant. Plus qu’un métier, une vocation. C’est un homme avant tout engagé.

« J’ai voté pour lui sans hésiter en 2017 pour le poste de président de l’Association française des professeurs de chant. Je ne connais personne de plus impliqué et organisé que lui, raconte Bénédicte Pavageau, professeur de chant et amie de longue date ; il en oublie parfois de manger ou dormir. » « Speed » est le mot qui lui correspondrait le mieux, selon elle. « Il fait tellement de choses à la fois qu’on se demande où il trouve toute cette énergie. » Mais l’engagement de son ami va bien au-delà de son rythme de vie effréné. Le Nancéien a toujours voulu enseigner : « Je ne suis pas carriériste. Passer mon temps dans des chambres d’hôtel pour me produire un peu partout dans le monde n’a jamais été mon ambition. Ce que je veux, c’est faire de la pédagogie. » Pour lui, enseigner s’apprend. « Ce n’est pas parce que l’on est un grand artiste que l’on a obligatoirement l’étoffe d’un bon professeur. C’est une idée que je ne cesserai jamais de défendre. » Casser les codes de l’enseignement lyrique, voilà son engagement. Il estime qu’il est grand temps que les professeurs de chant « sortent de leur bulle » pour « développer une curiosité esthétique », c’est-à-dire s’intéresser davantage aux autres genres musicaux. « C’est mon combat actuel et futur. » Pour mener à bien ce combat, il a pris la décision de s’y consacrer entièrement. En 2019, il devient lauréat du concours de professeur d’enseignement artistique et réduit peu à peu son travail auprès des collectivités. Est-ce que ça va lui manquer ? « Non, pas du tout. J’adore le passé et l’Histoire, mais je déteste les regrets. ».

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