Un festival pour la réouverture de l’Opéra de Lille

Marie Tranchant 05/10/2020

Après plusieurs mois de fermeture, l’Opéra de Lille accueille de nouveau son public depuis ce samedi. L’Inattendu festival propose, jusqu’au 17 octobre, opéra, récitals, lectures, visites et autres rendez-vous originaux.

Un casque sur les oreilles, du grand foyer à la salle de spectacle, en passant par les couloirs, les escaliers majestueux ou encore la rotonde. Sous l’Opéra, la forêt, conçu par le chorégraphe David Rolland, est l’une des nombreuses propositions faites par l’Opéra de Lille pour renouer avec un lieu qui avait fermé ses portes depuis le 15 mars. Depuis ce samedi 3 octobre, le public passe de nouveau les portes de l’édifice imaginé par l’architecte Louis-Marie Cordonnier au début du XXe siècle. La visite, à ne pas manquer, apprend aux curieux, casques sur la tête, donc, l’histoire du lieu, celle de certaines pièces d’opéra, à travers un dialogue ludique à jouer en duo.

 « Nous avions la volonté que l’Opéra soit à nouveau ouvert cet automne, coute que coute », explique sa directrice Caroline Sonrier. Pendant deux semaines, les portes sont ouvertes chaque jour pour ces visites originales, des lectures de textes, des concerts et des récitals de compositeurs tels qu’André Campra ou Carlo Gesualdo. En point d’orgue, le festival programme plusieurs représentations du Retour d’Idoménée, d’André Campra, dirigé par Emmanuelle Haïm et mis en scène par Alex Ollé de La Fura dels Baus. Pour sa première mise en scène d’un opéra baroque, Alex Ollé a souhaité explorer « le côte plus psychologique de la pièce », commente-t-il.

Une programmation quotidienne

Les conditions sanitaires actuelles, elles, ont contraint les artistes à « être très imaginatifs », détaille Emmanuelle Haïm. « La fosse d’orchestre n’est pas un endroit « Covid safe », les musiciens vont occuper tout le fond du plateau », explique-t-elle encore. Les retrouvailles avec l’opéra sont particulières, mais dès samedi, les habitués de la maison - 500 maximum par représentation, la jauge étant réduite - ne boudaient pas leur plaisir de s’asseoir de nouveau dans les fauteuils en velours rouge.

 Si l’accueil se veut plus restreint en nombre, l’ouverture quotidienne, une première ici, permet aux plus nombreux de profiter de la programmation. Des rendez-vous plus intimistes, comme cette lecture de Dom Carlos d’après César Vichard de Saint-Réal par la comédienne Carine Goron, ou encore, à venir, Spectral de Gérard Grisey, interprété par Barbara Hannigan, un récital mêlant Berlioz, Viardot et Liszt par Stéphanie d’Oustrac… Sous l’Opéra, la forêt, et sous les masques et les casques, se devinent les sourires, l’étonnement et le plaisir d’un Inattendu festival qui porte bien son nom.

 

L’Inattendu festival, jusqu’au 17 octobre à l’Opéra de Lille. www.opera-lille.fr

Abonnement à La Lettre du Musicien

abonnement digital ou mixte, accédez à tous les contenus abonnés en illimité

s'abonner
Mots clés :

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier à commenter cet article

Pour commenter vous devez être identifié. Si vous êtes abonné ou déjà inscrit, identifiez-vous, sinon Inscrivez-vous