Couvre-feu : le défi des reprogrammations

Antoine Pecqueur 15/10/2020

Emmanuel Macron a annoncé l’interdiction aux habitants d’Ile-de-France et de huit métropoles de sortir de chez eux entre 21h et 6h. Une décision qui touche directement la vie culturelle. Une réunion est prévue aujourd’hui, jeudi 15 octobre, Rue de Valois.

A partir de samedi, les habitants d’Ile-de-France et de huit métropoles (Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Etienne, Toulouse) devront être rentrés chez eux au plus tard à 21h. L’annonce de ce couvre-feu par Emmanuel Macron, mercredi 14 octobre, pour lutter contre la deuxième vague du Covid-19 a des conséquences directes sur le paysage culturel. D’autant qu’il devrait durer au moins six semaines...

Dès hier soir, les responsables de structures culturelles se lançaient dans le défi des reprogrammations. Mais la tâche est tout sauf aisée. Certains ouvrages, notamment lyriques, durent plus de quatre heures. L’Opéra de Paris avait, par exemple, prévu pour la réouverture de Bastille, fin novembre, La Tétralogie de Wagner en version de concert. Il faudrait dès lors commencer les spectacles à 17h, voire plus tôt, en prenant en compte les entractes. Impensable à moins de réduire le nombre d’heure de travail des Français… Se pose donc la question du plan B, de changer de répertoire pour privilégier des programmes courts.

Fréquentation du public ?

Mais d’autres questions se posent, à commencer par celle du public : depuis la réouverture des salles, la fréquentation reste bien morose dans un certain nombre de lieux. « Nous n’aurions pas rempli davantage que les jauges limitées imposées par le protocole sanitaire », nous glissait récemment le directeur d’une salle parisienne. Cette nouvelle annonce de couvre-feu ne risque-t-elle pas de freiner encore plus les ardeurs du public ? D’autant que dans les grandes métropoles, notamment à Paris, le temps de transport des habitants n’est pas négligeable. Certains spectateurs devraient quitter les salles à 20h au plus tard pour être rentrés chez eux à temps.
La question qui va donc se poser, en particulier pour les lieux culturels privés, sera la même que pour les restaurants : ne vaut-il pas mieux fermer l’établissement pendant cette période ?

Dispositifs d’aide ?

Hier soir, interrogé sur l’impact du couvre-feu sur le secteur, Emmanuel Macron a annoncé : « On va essayer d’aider ». L’activité partielle sera redéployée à 100%. Une réunion prévue aujourd’hui, Rue de Valois, devrait apporter des précisions sur d’éventuels dispositifs de soutien. Mais le secteur ne doit guère espérer. Après le plan de relance et l’annonce du projet de loi de finances, il y a peu à parier que le ministère de la Culture puisse disposer de moyens supplémentaires. Emmanuel Macron l’a martelé hier pour justifier le couvre-feu et éviter un reconfinement : « On a besoin que les entreprises fonctionnent ». Mais pas forcément celles de la culture, qui risquent d’être un dommage collatéral de cette nouvelle mesure sanitaire.

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