Reconfinement : fermeture partielle des conservatoires

Mathilde Blayo 30/10/2020

Maxime Leschiera, président de l’association Conservatoires de France et directeur du CRR de Bordeaux, et Xavier Romaric Saumon, directeur du CRI du Kremlin-Bicêtre et membre du conseil d’administration de Conservatoires de France, répondent à nos questions sur la fermeture des conservatoires, annoncée jeudi 29 octobre par le Premier ministre.

Les conservatoires sont ils totalement fermés ou peuvent-ils ouvrir dans certains cas ? 

Xavier Romaric Saumon : Le discours du Premier ministre a été très clair, il a explicitement dit que les conservatoires devaient fermer. Sauf que nous sommes liés à énormément de partenaires : avec l’éducation nationale ouverte, se posait la question de l’accueil des élèves à horaires aménagés, des orchestres à l’école... Suite à nos discussions, le décret paru aujourd’hui au Journal officiel permet aux conservatoires d’ouvrir pour les classes à horaire aménagé, en troisième cycle et en cycle de préparation à l’enseignement supérieur. Il nous reste à échanger avec l’éducation nationale de la question des musiciens intervenant en milieu scolaire. C’est important pour nous de pouvoir les maintenir aussi.

Maxime Leschiera : Il reste à voir avec les établissements scolaires que tout est bon pour eux avec les élèves concernés par les dispositifs mentionnés. Il faut aussi que chaque collectivité autorise l’ouverture des bâtiments pour l’accueil du public. Notre ouverture nécessite une autorisation de la ville. 

Comment appréhendez-vous ce nouveau confinement ? 

Xavier Romaric Saumon : C’est une vraie douleur. Depuis la rentrée, nous avons mobilisé toutes les équipes pour que tout se passe au mieux dans ce contexte exceptionnel. On sait qu’il faut être raisonnable et que ce confinement s’impose. Mais c’est un crève cœur de fermer car nous avons vu le besoin des enfants, des étudiants, des familles, d’avoir un contact avec l’art.
Au niveau de l’organisation, nous travaillons dessus. Nous devons repenser les plannings, l’organisation de l’accueil dans l’établissement pour les élèves concernés par le décret. Nous allons travailler pour être prêts dès lundi. Pour tous les élèves qui ne sont pas concernés par le décret, nous ferons les cours à distance, en essayant d’avoir le plus de suivi possible. 

Maxime Leschiera : On se réjouit pour ceux qui pourront venir au conservatoire, mais la situation reste compliquée pour tous. Pour les activités sur le temps scolaire, l’organisation va être plus ou moins simple selon les endroits. Dans certains établissements, les élèves avec horaire aménagés peuvent être en classe avec des élèves qui ne sont pas de ce dispositif. Des pratiques en grand collectif, qui ne concernent pas que les élèves mentionnés par le décret, risquent aussi d’être suspendues faute d’effectif puisqu’une partie des élèves n’est autorisée à venir. Ce qui n’est pas précisé, mais viendra sûrement, c’est l’évolution des normes sanitaires. A priori, il n’y a pas d’évolution des protocoles, donc pas de changement concernant les pratiques collectives. Il peut néanmoins y avoir des décisions locales plus ou moins restrictives.

L’expérience du premier confinement vous permet-elle d’aborder la question du distanciel plus sereinement ? 

Xavier Romaric Saumon : L’ayant déjà vécu, une grande partie des professeurs voit le travail à distance revenir avec ce que ça représente de difficultés pour la vie personnelle. Mais à la différence de la première fois, les enfants seront toujours scolarisées, les cours devraient donc se tenir dans le planning habituel. Le dialogue va être engagé entre les équipes pédagogiques, les familles, l’administration pour assurer le suivi au mieux. On aborde cette période plus sereinement que le premier confinement. Nous avons continué à alimenter les outils numériques développés alors.

Maxime Leschiera : Les cours en distanciel vont concerner la majorité des élèves. Même pour les élèves en cycle 3 et en classe préparatoire, certains cours théoriques vont sûrement se faire à distance. Évidemment, nous avons appris de la première expérience. Certains collectivité ont mis en œuvre des dotations en matériel et autre. A Bordeaux, nous avons équipés davantage de salles ce qui permettra aux enseignants de venir au conservatoire pour donner les cours à distance. Nous étions en phase de commande pour une dotation des enseignants en matériel. Mais nous avons malgré tout eu peu de temps pour tout préparer avant ce nouveau confinement. Ce qui est mieux par rapport à la première fois, c’est aussi que les informations sont arrivées plus rapidement, nous n’avons pas été trop longtemps dans l’attente.


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