L’apprentissage de la flûte de pan et de la quena

Mathilde Blayo 06/11/2020
Joseph Pariaud enseigne les musiques sud-américaines au CRD de Villeurbanne. Parmi les instruments de cette zone géographique, il enseigne notamment la quena et la flûte de pan.

Quelles sont les caractéristiques de ces flûtes ?

On retrouve la flûte de pan de l’Équateur au nord de l’Argentine. Faite avec des roseaux locaux, elle vient principalement des montagnes, des hauts plateaux et de la cordillère. La quena est faite en bambou, os ou bois. C’est une flûte à encoche sans bec. La légende raconte qu’un roturier et une princesse étaient amoureux, mais devant l’impossibilité de leur amour elle s’est jetée dans un ravin. Il est allé récupérer son tibia et en a fait une flûte. Cette flûte à trous a deux formes d’accordage.

Dans quel cadre enseignez-vous ces flûtes ?

Les cours prennent place dans des cursus individuels, avec des élèves qui viennent spécifiquement pour cet instrument. Il y a aussi des cours de pratique collective. J’ai beaucoup de jeunes élèves, assez peu d’adolescents entre 12 et 17 ans, puis j’ai des adultes, trentenaires et même jusqu’à 50 ans ! Les enfants sont assez malléables et ne sont pas dérangés par les différences de ces flûtes avec les flûtes occidentales modernes. Pour les plus âgés, qui arrivent déjà avec un bagage musical, ce peut être plus compliqué. Ils peuvent trouver l’instrument faux, agressif, car le son est bien plus fort que celui de la flûte traversière. J’utilise l’écrit et l’oral. Mes élèves lisent et écrivent la musique et savent aussi travailler à l’oreille. C’est un bagage qui leur permettra de s’adresser à un plus grand nombre de musiciens quand ils quitteront le conservatoire.

Qu’apporte l’apprentissage d’un instrument non occidental ?

Il ouvre à un autre répertoire, permet de se rendre compte qu’il y a autre chose, d’autres manières de chanter, qu’avoir des tempéraments différents ne veut pas dire jouer faux. Les élèves comprennent ainsi que, rythmiquement, tout n’est pas toujours mozartien ! C’est aussi l’occasion d’apprendre à improviser.

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