Partenariats avec la Chine

Mathilde Blayo 04/01/2021

Les établissements d’enseignement artistique français nouent des partenariats avec la Chine dans un souci de rayonnement mutuel.

Le conservatoire du Grand Chalon est le premier à avoir labellisé une école française de musique et de danse à Shanghai en 2019. L’histoire de cette coopération part d’un constat : « En venant en France, les étudiants chinois cherchent surtout à avoir un diplôme français, considère Robert Llorca, directeur du conservatoire. Venir en France leur coûte très cher et nous nous sommes dit que nous pourrions leur proposer cette formation chez eux directement. » Le système chinois repose sur les grandes écoles dédiées à l’enseignement, mais s’intéresse assez peu à l’enseignement initial, laissé aux structures privées. C’est ainsi un partenaire chinois qui a créé l’école, labellisée par le conservatoire français. « C’est une école avec des cours classiques d’instruments, pour tous les âges, et où les enseignants continuent aussi d’être formés, explique Robert Llorca. Des enseignants français vont y faire des conférences, nous proposons aussi des formations en visioconférence, de la documentation. »

Trois autres écoles labellisées par le conservatoire du Grand Chalon ont depuis ouvert leur porte. D’autres sont en développement. Avec ces écoles, la collectivité du Grand Chalon copie le modèle des succursales de la Royal Academy of Music ou de Juilliard, déjà bien implantées en Chine sur ce principe. « Ces écoles, que nous aidons à fonctionner, sont comme une franchise pour nous, résume Robert Llorca. Un pourcentage du chiffre d’affaires de chaque école nous revient. Pour le moment, cela couvre les dépenses, mais à long terme, l’idée est que cela rapporte. » Le coût d’inscription dans l’école est plus élevé qu’en France, « car il n’y a aucune aide de l’État chinois pour l’école. Mais cela reste moins cher que de se déplacer jusqu’à chez nous. » Cette école doit aussi permettre des échanges interculturels entre élèves et professeurs, notamment sur le plan de la création contemporaine.

Les conservatoires supérieurs et la Chine

Ce type de collaboration est unique dans la forme, mais d’autres conservatoires resserrent leurs liens avec la Chine. Le CNSMDP travaille ainsi à un partenariat avec le Conservatoire de Shanghai, notamment dans le cadre de son festival de percussion. « Dans nos collaborations, nous faisons attention à ne pas juste vendre la marque. Il importe de permettre un enrichissement artistique mutuel », explique Luca Dupont Spirio, responsable des affaires extérieures et des relations internationales au Conservatoire parisien. Malgré son implication croissante en Chine, le CNSMDP « n’a pas la même démarche que les écoles anglo-saxonnes. Nous sommes ouverts aux grands pays de musique mais en tant que grande institution publique, notre objectif n’est pas financier. » Au Conservatoire de Lyon, un important partenariat a été signé avec l’université normale de Pékin sur la préparation à l’enseignement avec une section danse. « Ce partenariat repose sur un échange d’enseignants et d’étudiants, ainsi que sur un travail de production croisée, rapporte Isabelle Replumaz, cheffe du service des relations internationales. La Chine a toujours été un partenaire vers lequel nous voulions aller. Nous n’avons pas de politique proactive car il nous semble aussi important de répondre à leurs requêtes, quand ils nous sollicitent. »

Abonnement à La Lettre du Musicien

abonnement digital ou mixte, accédez à tous les contenus abonnés en illimité

s'abonner
Mots clés :

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier à commenter cet article

Pour commenter vous devez être identifié. Si vous êtes abonné ou déjà inscrit, identifiez-vous, sinon Inscrivez-vous