Marta Gardolińska : « Nous allons explorer la période de l’Art Nouveau »

Mathilde Blayo 03/02/2021

La cheffe polonaise prendra la direction de l’orchestre de l’Opéra national de Lorraine à partir de la saison 2021/2022. Elle revient avec nous sur ses projets pour l’orchestre.

Comment s’est déroulée votre première rencontre avec l’Orchestre de l’Opéra national de Lorraine ?

Mon premier projet avec l’Opéra a eu lieu à l’automne, nous avons préparé et joué Der Traumgörge de Zemlinsky. A cause de la pandémie nous n’avons pas pu faire la version originale avec l’intégralité de l’orchestre et avons donc travaillé sur un arrangement pour orchestre de chambre. C’était un arrangement très difficile pour les musiciens, qui avaient beaucoup plus à jouer, une musique très complexe. C’était fatiguant, nos séances de répétition étaient difficiles. Mais j’ai été impressionnée par l’orchestre : les musiciens se sont vraiment concentrés sur la musique. Malgré la situation éprouvante, nous avons pu travailler ensemble. Ils étaient très engagés dans le processus de correction de l’arrangement, apportaient des idées, dans le but d’avoir le meilleur résultat possible. J’étais simplement un peu triste de ne pas pouvoir connaître tous les membres de l’Orchestre.
Cette nomination est un pas très important dans ma carrière car c’est mon premier poste comme directrice musicale. Et je suis très heureuse que cela se passe à Nancy qui a une liaison historique avec la Pologne, avec le roi Stanislas de Pologne. C’est un théâtre lyrique qui a aussi une saison symphonique : j’aurai la chance de travailler avec l’orchestre en profondeur sur le répertoire, le style, la clarté pour le répertoire symphonique et de pouvoir utiliser tout ce travail à l’opéra.

Quels sont vos projets et vos envies avec cet orchestre ?

L’idée est de développer le répertoire autour de l’époque de l’Art Nouveau. C’est une période très intéressante dans le développement de la musique, beaucoup de choses se sont passées dans la partie germanique de l’Europe. J’aimerais élargir le répertoire que nous connaissons tous à des pièces moins connues ou un peu oubliées. Je vais aussi en apprendre davantage sur le répertoire français et je suis sûre que je vais plus apprendre des musiciens que eux de moi.
Pour l’orchestre, ce qui est important pour moi c’est l’idée de jouer comme si nous faisions de la musique de chambre. Je veux que les musiciens s’écoutent vraiment et aient la sensation forte que chacun est important et contribue à ce que produit la musique. En termes de son et de style, cela dépend du répertoire mais, ce qui compte beaucoup pour moi ce sont ces grands traits, ces phrases qui n’en finissent pas et captivent l’attention du spectateur. Une autre chose que je trouve très intéressante c’est de développer une compréhension supérieure de ce que le rythme, le tempo sont et ce qu’ils peuvent changer dans la perception d’une pièce.

En France, rares sont encore les orchestres à avoir une femme à leur tête. Quel regard portez-vous sur cet aspect ?

C’est anecdotique. Je ne pense pas au fait que je suis femme. C’est une question de timing, c’est moi qui ai été choisie là mais cela aurait pu être n’importe qui. J’espère que ce ne sera bientôt plus du tout un sujet, même si je comprends bien pourquoi on me pose cette question.

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