Le Snam-CGT occupe le ministère de la Culture

Mathilde Blayo 04/02/2021

Jeudi 4 février, une cinquantaine de membres du syndicat étaient présents rue de Valois pour défendre la prolongation de l’année blanche pour les intermittents du spectacle. Entretien avec Karine Huet, secrétaire générale adjointe du Snam-CGT.

 

Pourquoi avez-vous décidé d’occuper le ministère de la Culture ?

Cette occupation est la continuité de notre mobilisation. Nous faisons partie des métiers les plus impactés par la crise sanitaire. Nous avons appris par communiqué qu’il y aura une étude pour la prolongation de l’année blanche, mais il n’y a pas besoin de cette étude : c’est évident qu’il faut la prolonger ! Par ailleurs, le maintien des droits sociaux n’a toujours pas été fait.
Nous aimerions que les musiciens puissent avoir un salaire sur cette période. Les artistes doivent répéter, enregistrer, faire des résidences et il faut trouver un fonds pour payer tout cela, pour le permettre. Les entreprises ont eu des fonds, et c’est très bien ! Le fonds de compensation billetterie est une bonne chose. Mais pour l’instant il n’y a rien eu de débloqué pour les artistes interprètes. Nous ne tiendrons pas avec ce manque de visibilité. Nous avons besoin de vraiment travailler et, en travaillant, nous amenons les cotisations pour aider à payer le chômage. Il faut retrouver le circuit vertueux du travail et de la cotisation. Nous aimerions que ces budgets fassent partie d’un plan de relance.
Nous sommes aussi là pour les enseignants artistiques qui travaillent dans des conditions difficiles depuis un an. Malgré le télétravail, il n’y a eu aucune prime pour leur permettre de continuer à travailler correctement. Un protocole sanitaire est attendu depuis deux mois.

Une mission sur la situation des intermittents a été lancée par le gouvernement, envisageant une éventuelle distinction selon les secteurs et les professions. Quelles sont vos craintes sur ce sujet ?

Il faut une prolongation du statut pour toutes et tous ! Beaucoup de techniciens n’ont pas travaillé depuis mars dernier, notamment ceux de l’événementiel. Ceux qui accompagnent les groupes de musique ont travaillé autant que les musiciens. Ce qui est vrai, c’est qu’il y a une différence réelle entre le secteur du cinéma et de l’audiovisuel qui ont pu travailler depuis juin, et le spectacle vivant.
Mais pour autant nous ne voyons pas pourquoi il faut faire cette mission maintenant, la prolongation de l’année blanche pour tous est indispensable. Nous craignons que cette étude amène des mesures spécifiques qui sortiraient certaines personnes du dispositif d’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE). Pour quelqu’un qui a 47 ans, une rupture d’ARE aura beaucoup de conséquences puisque la condition pour avoir une indemnisation entre 62 et 67 ans, si on n’a pas de retraite à taux plein, c’est d’avoir quinze années sans discontinuer derrière eux. Nous avons peur de voir arriver de nouvelles mesures, pour dire « on a fait quelque chose », mais qu’elles augmentent la paupérisation.

Pourquoi décidez-vous de mener cette action symbolique, sans passer par les sessions de discussions et de travail habituelles ?

Ils ne nous écoutent pas. Nous sommes exclus d’un dialogue social qui a lieu surtout avec les employeurs, et peu avec les salariés. L’idée qu’il faut sauver la culture « quoi qu’il en coûte » commence à disparaître. On est encore plus inquiet aujourd’hui. Nous avons préparé une délégation et demandons à être entendu mais le cabinet a refusé de nous recevoir ce matin. On nous ignore pour le moment.

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