Simon Cnockaert : « La priorité dans la gestion de cette crise est le recrutement »

Mathilde Blayo 10/02/2021

Le nouveau directeur de l’École normale de musique de Paris s’inquiète de la baisse du nombre d’élèves en raison de la crise sanitaire. Il nous explique ses projets pour l’établissement, au financement entièrement privé.

Qu’est-ce qui vous a amené à prendre la tête de l’École normale ?

Mon parcours s’est construit dans les milieux de la culture, avec la musique comme fil rouge. J’ai fait SciencesPo mais aussi le CRR de Strasbourg, je suis organiste et actuellement co-titulaire à l’Eglise Saint-Ignace à Paris. J’ai toujours souhaité alterner entre des postes spécifiquement musicaux et des fonctions plus larges : j’ai ainsi commencé au CMBV, puis j’ai pris la direction de la musique sacrée à Notre-Dame de Paris pendant sept ans. D’un autre côté j’ai aussi occupé des postes plus généralistes, à l’Institut de France ou encore au Petit Palais, où j’étais secrétaire général. Pendant cette dernière expérience - on ne se refait pas – je me suis attaché à développer les activités musicales dans le très bel auditorium du Petit Palais. J’avais envie de revenir vers la musique, et une possibilité s’est ouverte à l’École normale.

Quelles sont vos priorités en prenant la tête de cette école ?

L’enjeu du moment, c’est la gestion de crise. Heureusement, c’est une maison que j’ai trouvée en très bon état de marche. C’est un établissement très adaptable. Une plate forme Moodle a été mise en place et, même si tous les cours individuels ont lieu à l’école, les cours de plus de trois personnes peuvent tous avoir lieu en distanciel via cet outil numérique. La priorité dans la gestion de cette crise se pose en termes de recrutement. Il y a eu une baisse de 150 élèves sur 650-700 cette année, surtout des élèves étrangers. Il faudra faire face à cela pour l’année qui vient, mais l’école est solide et fonctionne.

Quels sont vos projets pour l’école ?

Je tiens à faire beaucoup mieux connaître cette maison, en France, comme à l’étranger (75% des élèves de Cortot sont étrangers). Il y a un vrai travail à mener pour continuer à aller chercher ces élèves, même si des partenariats existent déjà, notamment avec le Japon. Nous allons aussi développer cela avec la Chine. Nous avons beaucoup de sollicitations mais je dois encore structurer cela, définir avec quelles structures il sera le plus opportun de travailler.
Ensuite, c’est une école entièrement privée avec des ressources basées sur les recettes de scolarité et sur le mécénat. Le mécénat nous sert à donner des bourses d’étude : cette année 25% des élèves de l’école sont boursiers et leurs frais de scolarité sont entièrement pris en charge. Je veux travailler davantage sur le mécénat pour augmenter cette proportion là. Ceci passera également par une meilleure communication sur l’école, ses spécificités, son exigence.

Nous allons aussi travailler sur l’insertion professionnelle, qui est déjà une de nos forces. L’ADN de la maison c’est vraiment de proposer un suivi personnalisé des élèves, y compris dans les solutions que nous pouvons leur apporter en terme d’insertion professionnelle. J’ai entamé un important travail sur les alumnis, pour savoir ce qu’ils deviennent, notamment ceux rentrés dans leur pays d’origine. J’aimerais qu’on les perde moins de vue, qu’ils deviennent de vrais ambassadeurs de l’école et que la salle Cortot puisse aussi davantage les accueillir lors de concerts. Cette salle doit être encore plus une vitrine de l’école, de nos grands et anciens élèves.

Enfin, sur le système LMD (Licence-Master-Doctorat), à la différence des CNSM, nous ne délivrons qu’un diplôme d’établissement. Mais depuis 2018 nous avons un partenariat avec l’Université Paris-Saclay sur un master musique interprétation et patrimoine. Ceci ne se sait pas assez, même en interne et nous devons plus communiquer là-dessus.

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