Un masque conçu à partir des bonnets de soutien-gorge

Mathilde Blayo 17/02/2021

C’est un masque spécifiquement adapté à la pratique du chant qu’a imaginé Bernard Keller, créateur de l’entreprise Le Grand Masque. Il revient pour nous sur l’origine et les particularités de cet objet conçu en pleine crise sanitaire.

Comment est née l’idée de ces masques ?

Je suis président et choriste d’une chorale d’une centaine de personnes, Mélodies en Retz. A la sortie du premier confinement, nous nous sommes demandés comment nous allions pouvoir continuer à chanter. Nous savions qu’il allait falloir utiliser des masques, mais les masques industriels ne conviennent pas du tout au chant. J’ai réfléchi à un masque, avec un grand volume d’air, et qui puisse garder une forme. Cela m’a fait penser aux bonnets de soutiens-gorge ! Ils sont thermoformés, permettent d’épouser les formes. Nous avions exactement besoin d’un masque qui puisse épouse la forme du visage, avec un volume d’air suffisant pour que, quand on respire, le tissu ne vienne pas dans la bouche.

Comment avez-vous mis en œuvre sa fabrication ?

J’ai dirigé une entreprise de fabrication de matériel électronique et mécanique, j’avais donc l’expérience nécessaire pour lancer un process industriel de fabrication et de commercialisation. J’ai fait une petite étude de marche : l’idée n’était pas prise. J’ai donc contacté cet été une industrie qui fabrique des bonnets de soutien-gorge. Cette industrie avait déjà réfléchi à réaliser des masques avec leur matériel. Ils avaient déjà fait les démarches pour avoir un agrément des autorités pour utiliser ce tissu à d’autres fins que la fabrication de soutien-gorge. J’ai donc pu leur envoyer la forme de ce que je voulais en 3D, j’ai financé le premier moule : nous avons reçu le premier prototype fin août. J’ai travaillé avec plusieurs chefs de chœurs et choristes pour améliorer cette première version qui s’est avérée trop pointue, trop grande. La deuxième version a une forme plus design, est plus agréable à porter. J’ai lancer la production de ce masque final mi-septembre.

Quelles sont les caractéristiques de ces masques ?

C’est un masque de catégorie 1, grâce à sa composition qui reprend celle des bonnets de soutien-gorge : deux couches de polyester entourent une couche de mousse en polyuréthane. Il a un très bon taux absorption, mais aussi un très faible taux de fuite (l’ai qui passe sur les côtés du masque). C’est un masque léger et doux. Il est moulé sur les dimensions d’un visage type et s’ajuste très bien à la plupart des visages. Les ventes ont été importantes jusqu’au deuxième confinement. Depuis les ventes ont un peu chuté, avec l’arrêt des activités artistiques, mais pour autant je travaille avec la moitié des opéras de France. Beaucoup de professionnels se sont équipés de ces produits, notamment les professeurs de chant en école et conservatoire. J’ai ainsi réalisé une version plus petite du masque, adaptée aux adolescents.

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