Préparer un concours

Préparer un concours nous pousse dans nos retranchements et nous oblige à sortir de notre zone de confort. La peur ressentie est un mécanisme de protection face à quelque chose de nouveau : il est donc tout à fait normal de ressentir ces angoisses. Nous procrastinons et notre motivation s’envole.

La question

Lorsqu’une annonce paraît, j’hésite toujours à m’inscrire. Comment savoir si le concours proposé me correspond ?
Lucile, violoncelliste, 23 ans.

La réponse

Entre la course aux “cachetons” et le besoin de stabilité, la possibilité d’une perspective et d’un statut reconnu et enfin la volonté de se rassurer et de rassurer l’entourage, les offres d’emploi sont souvent synonymes d’espoir et de motivation. Très attendues, parfois anticipées, elles permettent une projection et une mise en mouvement. Mais une fois l’enthousiasme dissipé, ces annonces peuvent être aussi le reflet de nos peurs. Plus que quelques lignes dans un journal, elles reflètent un idéal de vie forçant l’introspection.
En voulant y répondre, n’y a-t-il pas le risque de se perdre ou de préparer un concours que l’on ne veut ou ne peut gagner ? Et en cas de réussite, cela va-t-il nous rendre plus heureux ?

L’hésitation, un processus naturel de protection

  • Préparer un concours nous pousse dans nos retranchements et nous oblige à sortir de notre zone de confort. La peur ressentie est un mécanisme de protection face à quelque chose de nouveau : il est donc tout à fait normal de ressentir ces angoisses. Nous procrastinons et notre motivation s’envole.
  • Se présenter à une telle échéance va impliquer la confrontation avec l’autre : son regard, son jugement. Peur de devoir affronter une éventuelle défaite, de se discréditer. Douter de sa légitimité souligne un manque de confiance en soi et une image de soi dévalorisée.
  • Enfin, très souvent oubliée, la peur de gagner ! Réussir un concours implique une nouvelle vie : abandonner un quotidien maîtrisé au profit de l’inconnu. Allez-vous pouvoir l’assumer ? Vous épanouir ?

Décrypter ses pensées pour faire les bons choix

En premier lieu, il est important de distinguer si nos angoisses sont justifiées ou pas. Pour cela, une analyse pragmatique est nécessaire. Renseignez-vous sur le niveau attendu, sur les compétences requises. Sont-elles atteignables ? Ce concours n’interfère-t-il pas avec d’autres projets ? Quel est votre objectif  ? Y aller « pour voir » ou « pour gagner » ? La préparation et les chances de réussite seront forcément différentes !
Ce projet est-il le vôtre ou vous a-t-il été imposé par votre milieu familial ou culturel ? Il arrive que ces doutes soient le reflet d’une protestation inconsciente contre un modèle de vie qui ne correspond en rien à votre idéal.

Passage à l’action !

Une fois cette introspection réalisée, il est intéressant de définir une stratégie soulignant les facteurs externes et internes, favorables ou défavorables à votre réussite.

Dans un premier temps, quelles sont vos forces ? Vos atouts ? Par souci d’humilité, on ne pense pas à lister ses qualités. Cette liste est pourtant doublement bénéfique. Tout d’abord, elle permet de renforcer l’estime de soi, apportant la confiance nécessaire pour la préparation. Ensuite, cela vous indiquera sous quel angle aborder le concours : vos forces devront être bien mises en valeur.
Dans un second temps, quelles sont vos faiblesses ? Que retenez-vous de vos précédents échecs ? Que souhaitez-vous améliorer ? Il s’agit souvent de vos zones d’ombre, de vos complexes. En les affrontant, vous êtes déjà dans une optique de progression. En vous présentant au recrutement, que risquez-vous ? Quels bénéfices en tirer ? Il s’agit de mesurer les conséquences (professionnelles et personnelles) à préparer une telle échéance.

Essayez de répondre en vous appuyant sur des faits et non sur des intuitions, en étant le plus pragmatique possible et en l’associant à vos objectifs. Une fois cette réflexion menée, prenez votre décision et passez à l’action… ou pas.
Enfin, n’ayez pas peur de voir grand. Accepter d’avoir des doutes, c’est développer l’esprit et la confiance en soi. Paradoxalement, cette confiance se trouve en dehors de notre zone de confort. Pour la développer, il faut commencer par… aller la chercher !
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