« Le taux d’insertion des dumistes avoisine les 100 % »

Éloïse Duval 25/02/2021
François Vigneron, président du conseil national des Centres de Formation des Musiciens Intervenants et directeur du centre d’Aix-Marseille, nous explique l’intérêt grandissant des employeurs pour les profils de dumistes.

En quoi consiste la formation dispensée par un CFMI ?


François Vigneron : Elle repose avant tout sur la pratique, que celle-ci soit musicale ou pédagogique : un tiers du temps de travail est consacré à l’application sur le terrain. Depuis la création du diplôme en 1984, la formation a évolué, et aujourd’hui les dumistes interviennent en milieu scolaire mais aussi au sein des conservatoires pour l’éveil musical, à l’hôpital, en milieu carcéral, auprès des personnes âgées ou encore des personnes en situation de handicap. La polyvalence est vraiment le maître-mot de la formation. Nous offrons également un suivi individualisé pour permettre aux élèves de donner une couleur particulière à leur diplôme, en choisissant un module selon l’établissement dans lequel ils souhaitent exercer au terme de leurs études. C’est pourquoi nos promotions sont relativement petites : nos classes n’excèdent pas une vingtaine d’élèves.

Quel est le profil de vos élèves dumistes ?


F V : Ce qui fait la richesse des CFMI, c’est la diversité des formations initiales de nos étudiants, car certains viennent du conservatoire, d’autres sont autodidactes, d’autres encore sont issus des musiques actuelles. Il y a également un brassage culturel, géographique et générationnel qui nous permet d’ouvrir les champs esthétiques. De même, nous avons constaté une grande qualification de nos élèves : la majorité possède au moins une licence, si ce n’est un master. À ce titre, les dumistes ont des profils pluriels, ce qui leur permet d’intervenir dans des structures à des postes variés, que ce soit à la direction d’un conservatoire ou en milieu hospitalier, auprès des enfants ou des personnes âgées. Leur travail réside dans la médiation par la pratique et s’adresse à tous, sans frontières générationnelles ou institutionnelles.


À quels écueils sont confrontés aujourd’hui les CFMI ?


F V : Malheureusement, la formation se déploie encore dans l’ombre d’autres diplômes, et nous recevons chaque année plus de demandes et d’offres d’emploi de la part des recruteurs que nous ne formons d’élèves. Certaines places demeurent vacantes, ce qui est paradoxal car le taux d’insertion professionnelle de nos élèves avoisine les 100 %. Le problème de fond sur lequel nous travaillons est celui du manque de reconnaissance du métier et de la formation car l’ensemble des missions réalisées par les dumistes contribue à l’épanouissement culturel de la jeunesse. D’autre part, le travail du dumiste n’est efficace que sur le long terme, et même si le temps court est possible, certaines structures préfèrent limiter les interventions, ce qui affaiblit la portée et l’efficacité du travail des intervenants. À terme, nous souhaiterions que ce diplôme soit plus reconnu, sans que celui-ci ne prenne la place des diplômes préexistants comme le Diplôme d’État. Les exigences musicales et les compétences pédagogiques ne sont pas les mêmes, et c’est pour cela que le DUMI et le DE sont deux diplômes complémentaires : la logique veut que chacun exerce ce pour quoi il a été formé.

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