Les Editions Billaudot fêtent leurs 125 ans

Mathilde Blayo 09/03/2021
A l’occasion de cet anniversaire, le directeur général, Jean-Michel Issartel, revient sur l’histoire de cette entreprise restée toujours indépendante.

Quel est le secret de la longévité de votre maison ?

C’est sa capacité à s’adapter à son temps. Au début, les Editions Billaudot étaient essentiellement dédiées aux harmonies et fanfares. A la fin des années 1950, ce catalogue a été vendu aux Editions Robert Martin par Gérard Billaudot, qui s’est alors concentré sur la musique classique et les ouvrages pédagogiques. Aujourd’hui, la part la plus importante de notre chiffre d’affaire provient de la pédagogie, en formation musicale et instrumentale. Si nous n’avions pas ces ressources, ce serait très compliqué de vivre en tant qu’éditeur et nous ne pourrions pas investir dans la musique classique contemporaine. C’est ce qui fait notre force aujourd’hui, ce qui nous donne de la visibilité : nous défendons toutes les esthétiques contemporaines. Dans notre métier nous sommes au plus près les compositeurs, devenant presque un agent, car notre travail c’est aussi de promouvoir leurs créations, de les accompagner dans les négociations de leur contrat de commande. Nous voulons assurer la programmation de ces œuvres sur le long terme.

Notre ambition est aussi que notre offre représente la musique dans son ensemble, et notre couverture des genres s’est bien élargie avec l’achat de Hit Diffusion. Egalement en termes de niveau : nous allons des tous premiers pas musicaux à la partition d’orchestre.

Quels sont les défis auxquels vous devez faire face ?

Le défi est toujours de s’adapter à son époque. Aujourd’hui, le fait que tout le monde puisse faire de la gravure musicale à son échelle, diffuser des documents PDF en ligne, nous pousse à revoir notre métier d’éditeur. Les personnes qui distribuent leurs arrangements en ligne le font sans contraintes, ne paient pas de droit. Pour nous, tout est beaucoup plus compliqué, nous ne pouvons pas publier, reproduire sans avoir une série d’autorisations. Même sur le plan de la pédagogie, il est relativement simple de produire soi-même une méthode.
Notre défi aujourd’hui c’est de trouver notre valeur ajoutée, de vendre quelque chose qui va intéresser les clients et qu’ils ne trouveront pas ailleurs. Nous venons ainsi de sortir le troisième livre de technique du flûtiste Philippe Bernold, La Prononciation, un ouvrage spécialisé qui a une plus value. On cherche aujourd’hui à apporter plus qu’une partition, en publiant notamment ces ouvrages pointus.

Quel impact la crise sanitaire a-t-elle sur votre activité ?

Le secteur le plus touché est notre service de location pour orchestre, avec une baisse de 50% de l’activité. Mais nous avons eu de la chance d’avoir la captation de plusieurs créations que nous éditons, comme celle du concerto pour violon de Pascal Zavaro à Radio France en janvier, ou la pièce Where are you ? d’Ondřej Adamek par l’orchestre symphonique de la radio bavaroise samedi dernier. Cette dernière pièce nous a demandé beaucoup de travail car nous avons dû modifier la nomenclature pour suivre les contraintes sanitaires. L’an dernier, nous ne sentions pas encore l’impact de la crise trop durement, à cause du décalage de facturation. Mais aujourd’hui nous sommes proches des 50% de perte sur notre chiffre d’affaire.

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