Natalie Dessay, candidate à la direction de l’Opéra de Bordeaux

Antoine Pecqueur 22/03/2021
Selon nos informations, la soprano postule pour succéder à Marc Minkowski. Quels sont ses atouts et ses limites pour ce poste ? Et qui sont ses concurrents ?

C’est une nomination pour le moins attendue dans le secteur lyrique. Marc Minkowski quittera la direction générale de l’Opéra de Bordeaux fin août 2022. Nommé par Alain Juppé, le chef des Musiciens du Louvre ne briguera donc pas de troisième mandat dans une ville désormais dirigée par le maire écologiste Pierre Hurmic. L’heure est donc au recrutement du futur patron ou patronne de cette institution, qui a connu son lot de turbulences au cours des dernières saisons, en raison tout particulièrement des tensions entre Marc Minkowski et une partie des musiciens de l’Orchestre national de Bordeaux.

Racines bordelaises

Parmi les candidats se dégage une personnalité : la chanteuse Natalie Dessay. Depuis 2013, cette dernière a arrêté sa carrière lyrique, développant des projets plus personnels, en lien notamment avec le théâtre. Dans sa lettre de motivation, que nous avons pu consulter, Natalie Dessay affirme : « l’idée de passer de l’autre côté de la barrière serait l’occasion de rendre à mon art et à ma ville ce qu’ils m’ont donné des mes débuts ». En effet, Natalie Dessay a étudié au conservatoire de Bordeaux et a ensuite intégré les chœurs de l’Opéra.

Au-delà de ses racines, la chanteuse entend réinventer le fonctionnement de l’institution : « Faire de Bordeaux un modèle nouveau d’opéra, pour tous les publics, tous les genres, tous les âges, dans un monde d’après-Covid qui va nous amener à changer nos habitudes ». La chanteuse annonce aussi qu’elle est prête à s’installer à Bordeaux.

Tensions économiques et sociales

Cette candidature présente des atouts certains, au regard du parcours de Natalie Dessay et à un moment où les pouvoirs publics cherchent à féminiser un paysage culturel dirigé très majoritairement par des hommes. Reste que la chanteuse n’a jamais dirigé d’institution comparable ; or le contexte post-Covid s’annonce tendu d’un point de vue économique et social. Mais la chanteuse n’est pas la seule à vouloir « passer de l’autre côté de la barrière » : Cecilia Bartoli va prendre la direction de l’Opéra de Monte-Carlo.

Dans le processus de recrutement, Natalie Dessay a face à elle une grande majorité d’hommes, dont des directeurs d’opéras. Eric Blanc de la Naulte (directeur général de l’Opéra de Saint-Etienne) ou Bart van der Roost (Opéra de Gand) présentent des profils expérimentés. D’autres ont des parcours plus atypiques, comme le chef d’orchestre Fabrice Bollon ou le metteur en scène Roland Auzet.

La ville et le ministère de la Culture vont maintenant devoir s’entendre pour finaliser cette nomination, une gageure dans un contexte de crispations de plus en plus fortes entre les collectivités et l’État.

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