« La situation est inéquitable, injuste et dramatique »

Mathilde Blayo 25/03/2021

Maxime Leschiera, directeur du Conservatoire de Bordeaux et vice-président de l’association Conservatoire de France, revient sur les mesures gouvernementales pour les établissements d’enseignement artistique.

Quels changements implique ce troisième confinement pour les conservatoires des zones concernées ?

Les possibilités de fonctionnement restent les mêmes, quelles que soient les zones. Tout les élèves mineurs des cursus musique et théâtre peuvent avoir cours au conservatoire, sauf pour ce qui est de « l’art lyrique », mention qui reste toujours aussi floue. La danse reste interdite pour les élèves de cycle 1 et 2 et les majeurs. Reste que malgré ce cadre général, nous retrouvons des disparités selon les territoires et les décisions locales, communales ou préfectorales.

Quel impact peut avoir le décalage du couvre-feu à 19 heures ?

C’est une bonne nouvelle, mais nous pouvions, et pouvons toujours, y déroger. Reste qu’il y a des établissements qui n’ont pas la possibilité d’avoir des dérogations et cela relève de décisions locales, plus restrictives.

Depuis un an, les préfectures jouent un rôle particulièrement important pour les conservatoires, étant souvent sollicitées pour des éclairages sur les décrets. Est-ce que cette nouvelle relation est une bonne chose pour vos établissements ?

Les préfectures ont effectivement un rôle important. Mais on leur fait surement jouer un rôle trop important dans la lecture des décrets en nous donnant l’habitude de les appeler tout le temps. Quand nous les contactons, nous avons en face des fonctionnaires qui ne sont pas forcément au courant des évolutions des décrets, de leur historique depuis leur première version et de que ce tout cela implique pour nos établissements. Ils vont donc parfois aller vers une lecture plus dure, plus restrictive. Ce n’est pas de mauvaise fois mais je pense qu’on les interroge trop souvent dans l’urgence.

Qu’attendez vous encore du ministère ?

Nous avons la même demande depuis janvier : il faut réécrire le décret du 29 octobre et arrêter cette exclusion totale d’une discipline ou d’un public. On doit nous permettre l’accueil de tous, pour toutes les disciplines, selon nos capacités d’accueil. Les capacités sont différentes selon nos locaux, nos effectifs, mais nous avons tous la volonté de nous adapter. C’était acceptable d’exclure une partie de nos effectifs sur quelques semaines, mais maintenant cela fait plusieurs mois que certains n’ont pas eu de cours en présentiel : c’est inéquitable, injuste, et dramatique. Aujourd’hui, nous sommes entendus, il y a un dialogue avec nos interlocuteurs au ministère. Mais les arbitrages ne se font pas au niveau de ces personnes, mais bien plus haut.

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