L’interdiction des séances pour les scolaires

Mathilde Blayo 30/03/2021

Le gouvernement vient de rappeler aux préfets que les lieux culturels sont fermés y compris pour les séances à destination des scolaires. Une mesure qui fait d’autant plus débat que l’activité sportive en espace clos est désormais autorisée pour les élèves.

Depuis le décret du 29 octobre, et son article 45 portant sur les Établissements recevant du public (ERP), les lieux culturels n’ont plus le droit d’accueillir du public, y compris les scolaires. C’est une règle qu’a tenu à rappeler la cellule interministérielle de gestion de la crise il y a deux semaines en indiquant qu’aucune dérogation n’est désormais possible, alors que certaines structures avaient jusque là maintenu des séances pour les scolaires. « Pour certains territoires, des préfets avaient ici et là accordé à titre dérogatoire des autorisations de tenue d’actions d’EAC (éducation artistique et culturelle) directement dans les lieux culturels, notamment parce que le risque de propagation du virus n’y est pas plus important que dans les écoles », souligne Aurélie Foucher, déléguée générale de Profedim, syndicat professionnel des ensembles et festivals. C’est ainsi qu’entre autre dans le Gard, l’Ardèche, l’Hérault ou encore à Lille, des élèves ont pu aller rencontrer les artistes dans un opéra, un centre culturel ou une scène conventionnée.

Aller à l’école

D’autres acteurs ont préféré prendre dès le mois d’octobre la décision de délocaliser les productions et les rencontres dans les écoles, ne prenant pas le risque d’un accueil en ERP.

À l’association française des orchestre, Clémence Quesnel, adjointe au directeur, nous assure que toutes les séances avec les jeunes ont eu lieu dans les établissements scolaires : « Cela a pris des formes variées selon les orchestres : certains ont mené des ateliers et des actions éducatives au lieu de faire un spectacle, faute de place ; s’il y avait un gymnase suffisamment grand des spectacles ont pu se tenir. » Les musiciens et artistes qui se rendent dans les écoles sont ainsi soumis au protocole sanitaire du lieu. Pour Clémence Quesnel, l’incapacité des orchestres à recevoir les élèves dans leurs salles de concert habituelles n’a pas forcément réduit le nombre d’actions auprès des scolaires, au contraire : « Nous n’avons pas encore de bilan chiffré précis, mais je crois qu’il y a globalement eu plus d’activités en temps scolaire cette année, car c’est une des seules choses que l’on peut faire avec du public depuis le 29 octobre. »

Comparaisons

Pour autant, Clémence Quesnel regrette l’impossibilité pour les jeunes élèves de se rendre dans les salles de spectacles, les opéras… « ces visites sont l’occasion pour eux de découvrir un orchestre en entier, les coulisses, la machinerie. » Une frustration qui est alimentée par le fait que, depuis le 19 mars, les élèves peuvent de nouveau faire du sport en espace clos, notamment reprendre une activité sportive non masquée dans les gymnases. « L’autorisation des séances pour les scolaires dans les lieux culturels est un point récurrent de négociation pour nous, surtout à l’heure où les nouveaux textes permettent aux groupes scolaires de se rendre dans les piscines et les stades », ajoute Aurélie Foucher. De son côté Clémence Quesnel ne croit pas qu’établir des comparaisons entre les activités donne du poids aux revendications du milieu : « L’activité de culte est possible depuis octobre, nous avons fait un parallélisme avec notre situation et ce n’est pas pour autant que nous avons eu des résultats concrets... »

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