Les salles de concert ouvertes à l’étranger : « Les masques intégrés à la mise en scène »

Éloïse Duval 06/04/2021

Joan Matabosch, directeur du Teatro Real de Madrid, tente de concilier protocole sanitaire et créativité artistique.

« En Espagne, les administrations publiques n’ont pas exigé la fermeture des lieux culturels, mais elles ont imposé des mesures si strictes qu’il n’est pas possible pour certaines salles de rester ouvertes. Au Teatro Real, nous avons réuni un comité interne composé d’infectiologues et d’épidémiologistes qui ont établi un protocole spécifique au théâtre.

C’est ce protocole établi par des médecins qui nous a permis d’ouvrir tout en garantissant la sécurité des spectateurs. Le public doit porter le masque en permanence, l’accès aux toilettes et aux foyers est très règlementé et nous essayons à tout prix de réduire la circulation des spectateurs. Nous faisons en sorte qu’il n’y ait pas d’entracte, et lorsqu’il y en a, le public ne peut pas se rendre dans n’importe quel foyer. Nous avons même installé de nouveaux dispositifs sanitaires pour permettre à tout le monde d’y accéder tout en limitant les contacts. Le protocole concernant le personnel du théâtre est lui aussi très strict : des tests sont réalisés de façon hebdomadaire, mais il nous arrive d’être testés un jours sur deux si telles sont les recommandations du comité médical. En ce qui concerne l’orchestre, tous les instrumentistes sont masqués – à l’exception des instruments à vent – et la fosse est aménagée afin de respecter le maximum de distances de sécurité. Cela nous conduit également à opérer des aménagements pour jouer les pièces programmées : pour Siegfried, nous nous sommes servis de huit loges normalement destinées au public pour placer les harpes et une partie des vents. Dans le cas de Don Giovanni de Mozart, nous avions intégré les masques à l’esthétique de la mise en scène. La sécurité du public est primordiale, mais nous parvenons à organiser des représentations en toute sécurité, à tel point que nous remplissons les demi-jauges imposées par le protocole sanitaire. Enfin, nous associons à chaque billet vendu l’adresse mail et le téléphone de la personne venue assister à la représentation, car en cas de contamination d’un spectateur, cela nous permet de contacter les vingt personnes les plus proches afin qu’elles puissent se faire tester au plus vite. »

Abonnement à La Lettre du Musicien

abonnement digital ou mixte, accédez à tous les contenus abonnés en illimité

s'abonner
Mots clés :

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier à commenter cet article

Pour commenter vous devez être identifié. Si vous êtes abonné ou déjà inscrit, identifiez-vous, sinon Inscrivez-vous