Conservatoires : le retour des cours à distance

Éloïse Duval 09/04/2021
Un nouveau décret gouvernemental concernant l’enseignement artistique est paru le 2 avril. Florence Paupert, présidente de l’association des Conservatoires de France et directrice du CRD de Saint-Quentin, revient sur les nouvelles mesures s’appliquant aux conservatoires.

Que prévoit ce nouveau décret et comment les conservatoires s’organisent pour respecter les nouvelles mesures ?


Ce décret va dans le sens d’un confinement : les cours doivent se tenir à distance pour tous les élèves, excepté pour les formations délivrant un diplôme professionnalisant. Nous ne pouvons donc accueillir qu’une toute petite partie de nos élèves, à savoir ceux en parcours pré-professionnalisant. Les cours des classes CHAM sont suspendus car les établissements scolaires sont fermés. C’est un exercice difficile car, à chaque nouvelle annonce de la part du gouvernement, nous attendons les décrets concernant l’enseignement en conservatoire. Le dernier est paru très tôt samedi matin, et il a fallu organiser les cours de toute urgence, et définir ce que l’on doit faire parfois du jour pour le lendemain. Cependant, on constate deux choses au sein de nos établissements : d’une part, les équipes font preuve d’une formidable adaptabilité, et les professeurs ont su se réinventer pédagogiquement avec les outils dont ils disposent à distance. Mais d’autre part, beaucoup sont fatigués de ces changements perpétuels, qui les amènent à se réorganiser au fil des jours. En fonction des élèves, ils doivent jongler entre les déplacements pour les cours en présentiel et les cours en visioconférence. En plus de cela, certains de nos professeurs sont sur plusieurs établissements, et doivent assurer à la fois des cours dans les murs et hors les murs, ce qui complique davantage les choses, et les amène à repenser leur organisation à chaque nouveau décret.

Quelles sont les craintes dont vous font part les équipes pédagogiques ?

Beaucoup de professeurs sont fatigués de ces changements constants et du manque d’horizon… De même, c’est aussi l’absence de concert, de pratique collective – qui font partie intégrante de l’enseignement artistique – et de projets qui participent de cette inquiétude et de cette lassitude des professeurs. Par ailleurs, les grands oubliés du moment sont les amateurs, qui ne peuvent plus assister à leurs cours depuis des mois. Aussi, l’association des Conservatoire de France s’est associée au mouvement lancé par la PFI pour traduire cet épuisement du public adulte et ce manque des pratiques collectives qui sont empêchées depuis bientôt un an, et qui pourtant tisse des liens sociaux forts entre les individus. La CDF s’y est également associée car l’enseignement artistique n’est que très peu cité dans les annonces, et tout aussi peu écouté. Le but de cette pétition est de faire en sorte que l’enseignement artistique ne soit pas oublié dans le grand plan de relance qui est en train d’être pensé par l’État. Il s’agit de faire en sorte qu’il y ait le moins d’embûches sur le parcours des élèves, et qu’il n’y ait pas de génération sacrifiée.

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