L’Opéra de Lille devient le premier opéra vert de France

Antoine Pecqueur 12/04/2021

L’établissement obtient la certification ISO pour sa politique en matière de développement durable. Une première pour un théâtre lyrique. Entretien avec sa directrice, Caroline Sonrier.

Comment avez-vous obtenu cette certification ? 

C’est un travail qui a été porté par toute l’équipe. Nous avons lancé en 2015 un projet sur le développement durable de l’établissement. Différents groupes de travail ont été montés en interne, mais, au bout de quelques années, il nous fallait aller plus loin. Obtenir cette certification est un processus lourd, complexe, qui prend près d’un an. Après la réalisation du dossier, un audit est mené. Ce qui est intéressant, c’est que ce label n’est pas simplement donné sur nos actions, mais sur les process mis en place, la méthodologie… En outre, il ne se limite pas à l’écologie au sens strict du terme mais prend en compte aussi l’aspect social, qui est inclu dans le développement durable. Il y aura un contrôle chaque année et au bout de trois ans, nous devrons refaire à nouveau la demande. 

Comment un opéra peut-il être écolo ?

Cela passe par des questions d’achats, de tris, de récupération… Par exemple, 13 tonnes de nos décors ont été données à des compagnies de théâtres. Nous avons un partenariat avec une association pour le recyclage de notre matériel informatique.  Même le reste de nos catering est redistribué. Il faut questionner les fournisseurs d’énergie, d’autant que nos maisons d’opéras sont en général anciennes et posent problème en matière de performance énergétique. Mais il faut aussi prendre en compte un enjeu comme celui de l’égalité femmes-hommes. Cette année, nous sommes à 99 sur 100 sur l’index d’égalité professionnelle femmes-hommes.

Ces questions se posent d’autant plus dans le contexte de crise actuelle…

On prend conscience que nos institutions ne se sont pas assez préoccupées de ces questions. Dans la période actuelle, il est essentiel de réfléchir à nos missions, notre rapport à la société, dont nous sommes aujourd’hui privés. Cette crise est aussi écologique et nous impose de réagir fortement. Les opéras sont des institutions lourdes, dont les budgets sont importants pour les collectivités territoriales. Dans un contexte d’accroissement des inégalités sociales, avec une situation très inquiétante pour la jeunesse, nous devons montrer encore plus que ce sont des lieux ouverts. Les opéras sont dans leur immense majorité bien loin de l’image élitiste qu’on leur colle, mais il nous faut encore davantage le faire savoir.

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